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Elle pensait souffrir d’un simple mal de mâchoire: son visage a commencé à se déformer

Pendant des années, Annie Sedoric a enchaîné les douleurs, les traitements et les diagnostics contradictoires. Ce qu’elle croyait être un simple problème de mâchoire cachait en réalité une maladie rare, capable de déformer le corps de l’intérieur.

Lorsque la douleur a commencé, au printemps 2020, Annie Sedoric n’y a pas prêté une attention démesurée. Nous étions au début de la pandémie et, comme beaucoup, elle vivait dans une atmosphère de tension permanente.

Un matin, sa mâchoire s’est mise à “poper” de façon inhabituelle, un claquement répétitif accompagné d’une douleur lancinante. Dans le Washington Post, elle raconte comment cette gêne banale a rapidement pris une ampleur inquiétante. À 22 ans, elle s’imaginait stressée, rien de plus.


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Son dentiste l’oriente vers un chirurgien spécialisé, convaincu qu’il s’agit d’un trouble de l’articulation temporo-mandibulaire (TMJ), probablement causé par le grincement des dents. On lui manipule la mâchoire sous anesthésie, une procédure lourde qui nécessite plusieurs semaines de récupération.

Annie se nourrit alors de purées glissées entre ses dents à peine entrouvertes. Mais quelques semaines plus tard, tout recommence. La douleur revient, la mâchoire se remet à sortir de son axe. Elle subit une deuxième intervention, sans plus de succès.

Ses règles disparaissent

À ce moment-là, un symptôme nouveau apparaît : ses règles disparaissent. Dans le reportage du Washington Post, Annie explique qu’elle n’avait jamais été irrégulière. Pourtant, son gynécologue lui parle de stress, de sport intensif, de fluctuations hormonales sans gravité. Rien de convaincant. Elle a été athlète toute sa vie, son entraînement n’a pas augmenté.

Un test sanguin montre un léger déficit en œstrogènes, mais même un traitement hormonal ne ramène pas son cycle. Les médecins lui demandent d’attendre et de revenir “dans quelques mois”.

Pendant ce temps, les douleurs se multiplient. Elle ressent des décharges dans les hanches, des douleurs pelviennes si fortes qu’on lui injecte des anesthésiants par voie vaginale. Ses jambes deviennent lourdes, douloureuses, et sa mâchoire reste instable. Puis, insidieusement, son corps commence à changer. Son visage semble gonfler légèrement. Ses lèvres s’épaississent. Ses doigts enflent au point de casser une vieille bague en or héritée de sa grand-mère.

“Mon corps se déformait sous mes yeux”, confie-t-elle au Washington Post. Elle met cela sur le compte de l’âge, du stress, de la vie new-yorkaise. C’est plus rassurant que d’imaginer une maladie grave.

Des soins à 21 000 dollars

Deux années passent. Les diagnostics s’enchaînent, contradictoires, souvent erronés. Les traitements s’accumulent. Rien ne fonctionne. Annie finit par accepter la recommandation du père d’une amie, un médecin qui lui parle d’une clinique privée dans le Colorado, spécialisée dans les cas médicaux complexes.

Le prix dépasse 21 000 dollars, non remboursés. Ses parents acceptent de l’aider. Là-bas, on lui fait passer un ensemble impressionnant d’examens, de biomarqueurs, d’IRM, de tests sanguins avancés. Le fondateur de la clinique, le neurochirurgien Chad Prusmack, lui dit d’abord qu’il soupçonne une maladie de Lyme. Mais les résultats finissent par raconter une tout autre histoire.


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Son taux d’IGF-1, l’hormone de croissance, est anormalement élevé : plus du double de la limite supérieure. Une IRM, que personne n’avait jugé utile auparavant, révèle une tumeur sur l’hypophyse, cette minuscule glande située à la base du cerveau mais responsable de nombreuses fonctions vitales.

Dans son enquête, le Washington Post précise qu’il s’agit d’un macro-adénome de 1,4 cm. Le diagnostic est enfin posé : Annie souffre d’acromégalie, une maladie rare qui, chez l’adulte, provoque un épaississement progressif des tissus, des os et des cartilages. C’est la maladie à l’origine du gigantisme chez certaines figures célèbres comme André le Géant.

Infection fulgurante

Pour Annie, le choc est immense. Soulagée d’avoir une réponse, mais effrayée par sa gravité, elle se tourne vers l’un des meilleurs spécialistes, le neurochirurgien Tim Smith, à Boston. L’intervention chirurgicale visant à retirer la tumeur se déroule bien. Mais, une heure plus tard, tout bascule. Elle se lève pour aller aux toilettes, se sent mal, vomit, et aspire son vomi dans la cavité chirurgicale encore ouverte. Elle fait une infection fulgurante : une méningite bactérienne sévère qui remonte du nez au cerveau. Elle se réveille entourée d’une équipe médicale affolée. Les jours suivants sont un cauchemar. Fièvres, vomissements de sang, une deuxième opération pour nettoyer l’infection. Elle frôle la mort.

Après deux semaines d’hospitalisation, elle rentre enfin chez elle. La suite n’est pas simple. Son visage retrouve peu à peu un aspect normal, mais certaines douleurs persistent, notamment dans les jambes. Les cicatrices psychologiques sont profondes. L’analyse de la tumeur révèle une forme agressive de la maladie, avec un risque de récidive élevé. “Entre 20 et 40 %, et presque 100 % sur la durée d’une vie”, rapporte le spécialiste cité par le Washington Post.

« Me regarder dans le miroir »

Aujourd’hui âgée de 28 ans, Annie tente de reprendre le fil de sa vie. Elle suit régulièrement des endocrinologues, court des marathons, travaille comme consultante. De l’extérieur, dit-elle, elle a l’air “normale”. Mais la maladie est là, silencieuse.

Chaque détail devient suspect : un visage un peu gonflé, un réveil difficile, une migraine inhabituelle. “Le plus dur, c’est de me regarder dans le miroir et de me demander : est-ce que j’ai juste mal dormi, ou est-ce que ma tumeur revient ?”, confie-t-elle.


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Juste avant la publication de l’article du Washington Post, Annie apprend que la tumeur recommence à croître. Elle doit choisir entre une nouvelle opération, une radiothérapie ou un traitement à vie. Son avenir reste incertain, mais ce qu’elle dit à la journaliste résonne comme une leçon pour tous : pendant des années, elle a été ignorée, renvoyée à son stress, traitée comme une jeune femme “trop anxieuse”. En réalité, son corps hurlait.

Son histoire rappelle une vérité essentielle : certains symptômes ne sont pas des caprices, ni des exagérations. Ils sont des messages. Les entendre peut sauver une vie.

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Sarah Jaoui

About Author

Sarah Jaoui est journaliste spécialisée dans les sujets Famille, Sport et Société pour MieuxVivre.ma. Elle analyse les tendances du quotidien, les enjeux éducatifs et les dynamiques sociales afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre et améliorer leur vie personnelle et familiale.

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