Le Maroc a lancé mercredi à Salé la troisième Enquête nationale sur les personnes en situation de handicap. Objectif : disposer de données actualisées et exploitables pour ajuster les politiques publiques, les aides sociales et les services destinés aux personnes concernées.
Un mémorandum d’entente encadrant la réalisation de cette enquête a été signé entre le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, le Secrétariat d’État chargé de l’Intégration sociale, le Haut-Commissariat au Plan, l’Observatoire national du Développement Humain et le Fonds des Nations Unies pour la Population. L’enquête a officiellement démarré le même jour.
Pourquoi une nouvelle enquête sur le handicap ?
La précédente enquête nationale remonte à plusieurs années. Depuis, les réalités sociales, démographiques et territoriales ont évolué, tout comme les politiques publiques liées à l’État social. Cette troisième édition vise donc à actualiser les données sur le handicap au Maroc, tant en termes de prévalence que de besoins concrets des personnes concernées.
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Il ne s’agit pas uniquement de compter, mais de mieux qualifier les situations de handicap, leurs formes, leurs degrés et leurs impacts sur la vie quotidienne : accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi, aux transports ou encore aux dispositifs de protection sociale.
Des données destinées à orienter les politiques publiques
Selon les institutions signataires, les résultats de l’enquête serviront directement à :
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évaluer l’impact réel des politiques publiques existantes ;
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identifier les lacunes en matière de prise en charge et d’accompagnement ;
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ajuster ou renforcer les programmes destinés aux personnes en situation de handicap ;
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mieux cibler les ressources financières, humaines et logistiques.
Le Secrétariat d’État chargé de l’Intégration sociale assurera la coordination opérationnelle du projet, tandis que le Haut-Commissariat au Plan garantira la rigueur méthodologique et la fiabilité statistique des données collectées.
Un outil pour une action publique fondée sur les faits
Pour l’ONDH, cette enquête constitue un outil central d’aide à la décision. Son président, Othman Gair, a insisté sur le fait qu’elle ne se limite pas à une opération statistique, mais qu’elle s’inscrit dans une démarche d’évaluation des politiques publiques fondée sur des données mesurables, comparables et issues du terrain.
L’enquête adopte une approche multidimensionnelle, tenant compte :
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des disparités territoriales ;
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des différences liées au genre ;
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des situations socioéconomiques ;
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des tranches d’âge.
Cette granularité est jugée indispensable pour éviter une approche uniforme du handicap, alors que les situations et les besoins varient fortement d’une personne à l’autre.
Protection des données et exploitation des résultats
Le cadre de coopération prévoit également des garanties en matière de protection des données personnelles, conformément aux normes éthiques et juridiques en vigueur. Les données produites devront être utilisées à des fins de planification, de suivi, d’évaluation et de recherche, tout en respectant la confidentialité des personnes interrogées.
Les résultats de la 3ᵉ Enquête nationale sur le handicap devraient ainsi constituer une nouvelle base de référence pour l’ensemble des acteurs publics et institutionnels intervenant dans ce domaine, avec l’objectif affiché de rendre les politiques sociales plus ciblées, plus cohérentes et plus efficaces.
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