Alors que des médicaments initialement destinés au diabète sont de plus en plus détournés à des fins de perte de poids, les autorités sanitaires marocaines alertent sur les risques majeurs liés à leur achat en ligne, souvent illégal et parfois dangereux.
La promesse d’une perte de poids rapide, sans effort apparent, a propulsé certains médicaments au rang de produits stars sur les réseaux sociaux. Ozempic, Victoza, Trulicity ou encore Mounjaro font partie de cette nouvelle génération de traitements dits a-GLP1, initialement indiqués dans la prise en charge du diabète de type 2 — et, pour certains, de l’obésité. Mais derrière cet engouement mondial se cache une réalité beaucoup plus préoccupante.
Dans une note d’information récente, l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) met en garde contre les risques associés à l’achat de ces médicaments sur internet, en dehors du circuit légal.
Des médicaments détournés de leur usage médical
Les a-GLP1 agissent sur les mécanismes de régulation de l’appétit et de la glycémie. Leur efficacité a conduit à un mésusage croissant, notamment pour la perte de poids chez des personnes ne présentant pas nécessairement d’indication médicale. Cette utilisation hors cadre médical s’est accompagnée d’une prolifération d’offres illégales sur les plateformes en ligne et les réseaux sociaux.
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Or, rappelle l’AMMPS, ces médicaments sont strictement soumis à une prescription médicale. Leur usage sans suivi expose à des effets indésirables parfois graves, en particulier lorsqu’ils sont pris à des doses inadaptées ou chez des personnes à risque.
Le danger des médicaments contrefaits
L’alerte ne concerne pas uniquement le mésusage, mais aussi la contrefaçon. Plusieurs instances sanitaires internationales ont déjà tiré la sonnette d’alarme. En 2024, l’Organisation mondiale de la Santé a signalé la détection de lots falsifiés d’Ozempic dans plusieurs pays, dont le Brésil, l’Irlande et le Royaume-Uni.
De son côté, la United States Food and Drug Administration a également alerté, en 2025, sur la circulation de versions contrefaites de ces produits sur le territoire américain. Ces médicaments frauduleux peuvent contenir des dosages incorrects, des substances inconnues ou être totalement inefficaces, avec des conséquences potentiellement graves pour la santé.
Prescription stricte et contre-indications formelles
Dans son communiqué, l’AMMPS rappelle plusieurs règles essentielles concernant les a-GLP1. Leur utilisation est encadrée par une prescription médicale stricte, et leur détournement pour la perte de poids expose à des effets indésirables sérieux, notamment digestifs, métaboliques ou cardiovasculaires. L’agence souligne également que leur usage n’est pas recommandé pendant la grossesse.
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Plus largement, l’autorité sanitaire rappelle que tout médicament doit être acquis exclusivement via le circuit légal, c’est-à-dire en pharmacie d’officine. Au Maroc, l’achat de médicaments sur internet ou via les réseaux sociaux est strictement interdit.
Vigilance et responsabilité collective
Face à la multiplication des offres trompeuses, l’AMMPS appelle à une vigilance accrue, tant de la part des professionnels de santé que des patients. Tout cas suspect — effet indésirable inhabituel, produit douteux, canal de vente illégal — doit être signalé à l’autorité réglementaire.
Dans un contexte où les injonctions à la minceur et les solutions “miracles” circulent massivement en ligne, ce rappel des règles sanitaires vise à recentrer le débat sur l’essentiel : la sécurité des patients. La perte de poids, lorsqu’elle est nécessaire, relève d’un accompagnement médical global — et non d’un achat impulsif sur internet.
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