De nombreux parents connaissent cette scène : l’heure du coucher approche, le pyjama est enfilé, la lumière tamisée… et soudain l’enfant semble animé d’une énergie débordante. Il court, saute sur le lit, parle sans arrêt ou invente mille excuses pour ne pas dormir.
Ce phénomène, souvent surnommé par les parents le “quart d’heure de folie” du soir, est en réalité assez courant chez les jeunes enfants. Les spécialistes de la petite enfance expliquent qu’il peut s’expliquer par plusieurs mécanismes physiologiques et émotionnels.
Une fatigue qui se transforme en agitation
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce pic d’énergie est souvent le signe que l’enfant est très fatigué.
Chez les jeunes enfants, le système nerveux n’est pas encore totalement mature. Lorsqu’ils approchent de l’épuisement, certains ne deviennent pas immédiatement calmes ou somnolents. Au contraire, leur organisme peut produire une réaction paradoxale : une agitation soudaine.
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Ce phénomène est lié à la libération d’hormones du stress, notamment l’adrénaline et le cortisol, qui peuvent temporairement masquer la fatigue.
Une façon d’évacuer les émotions de la journée
La fin de journée correspond aussi au moment où les enfants relâchent les tensions accumulées.
Entre la crèche, l’école, les interactions sociales et les nombreuses stimulations, un enfant vit beaucoup d’expériences en une seule journée. Le soir, lorsque l’environnement devient plus calme et sécurisé, certaines émotions peuvent ressortir.
Pour certains enfants, cette libération émotionnelle se traduit par des rires, des jeux bruyants ou une excitation soudaine.
Le cerveau des enfants fonctionne différemment le soir
Le rythme biologique joue également un rôle.
Chez les jeunes enfants, la régulation du sommeil n’est pas encore totalement stabilisée. Les transitions entre les phases d’éveil et de fatigue peuvent donc être plus brusques que chez les adultes.
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C’est pourquoi un enfant peut sembler très énergique quelques minutes avant de s’endormir profondément.
L’importance d’un rituel du coucher
Les spécialistes de la petite enfance recommandent souvent d’instaurer un rituel du soir régulier pour aider l’enfant à passer progressivement de l’activité à l’endormissement.
Un enchaînement prévisible d’activités calmes — bain, histoire, lumière douce — permet au cerveau de comprendre que la journée touche à sa fin.
Ces routines favorisent la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, et réduisent l’excitation liée à la fatigue.
Un comportement généralement normal
Dans la grande majorité des cas, ce pic d’énergie du soir est un comportement normal du développement.
Il tend à diminuer progressivement avec l’âge, à mesure que l’enfant apprend à mieux réguler sa fatigue et ses émotions.
Pour les parents, le plus efficace consiste souvent à anticiper ce moment, en commençant le rituel du coucher un peu plus tôt et en évitant les stimulations trop fortes en fin de soirée.
Sources
American Academy of Pediatrics – Conseils pour instaurer une routine de sommeil chez les jeunes enfants :
https://www.healthychildren.org/English/healthy-living/sleep/Pages/bedtime-trouble.aspx
Mindell J. et al., Benefits of a bedtime routine in young children, étude publiée dans Sleep Medicine Reviews :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6587181/
Scher A., Sleep Quality, Cortisol Levels and Behavioral Regulation in Children, étude sur le lien entre sommeil et hormones du stress :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4833448/
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