Une consommation en hausse, des promesses nombreuses… mais des résultats scientifiques encore très limités. Une large revue d’études publiée en mars dans la revue The Lancet remet en question l’efficacité du cannabis dans le traitement de nombreux troubles psychiques.
Alors que l’usage médical du cannabis se développe dans plusieurs pays comme les États-Unis, le Canada ou encore le Maroc, de nombreux patients affirment y recourir pour soulager l’anxiété, les troubles du sommeil ou encore le stress post-traumatique. Mais les données scientifiques disponibles racontent une histoire plus nuancée.
Les chercheurs ont analysé 54 essais cliniques randomisés menés entre 1980 et mai 2025, portant au total sur 2 477 participants. Leur objectif : évaluer l’efficacité des cannabinoïdes — substances actives du cannabis — comme traitement principal des troubles mentaux et des troubles liés à l’usage de substances.
Aucune amélioration significative
Le constat est sans appel : dans la majorité des cas, les bénéfices restent faibles, voire inexistants.
Aucune amélioration significative n’a été observée pour plusieurs troubles souvent associés à l’usage thérapeutique du cannabis, notamment les troubles anxieux, les troubles psychotiques, le stress post-traumatique ou encore la dépendance aux opioïdes.
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« Certaines personnes peuvent ressentir des effets positifs, et c’est très bien. Mais lorsqu’on examine l’ensemble des données, les preuves ne sont pas suffisantes pour recommander un usage généralisé », explique Jack Wilson, auteur principal de l’étude.
Plus surprenant encore, les chercheurs n’ont trouvé aucun essai clinique randomisé évaluant l’efficacité des cannabinoïdes dans le traitement de la dépression, ce qui souligne un manque important de données sur un trouble pourtant très fréquent.
Des effets limités dans certains cas
L’étude met néanmoins en évidence quelques résultats encourageants, mais encore fragiles.
Une combinaison de CBD (cannabidiol) et de THC — la substance psychoactive du cannabis — semble notamment réduire les symptômes de sevrage chez les personnes dépendantes au cannabis, tout en diminuant leur consommation.
Des améliorations ont également été observées chez certaines personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette, avec une réduction de la sévérité des tics.
Par ailleurs, les cannabinoïdes pourraient avoir un effet modéré sur certains traits liés aux troubles du spectre autistique, ainsi que sur la durée du sommeil chez les personnes souffrant d’insomnie. Toutefois, les chercheurs insistent sur la faible qualité des preuves dans ces domaines, qui limite la portée de ces résultats.
Un besoin urgent de recherches plus solides
Face à l’essor rapide de l’usage du cannabis à des fins médicales, les auteurs appellent à la prudence.
Ils soulignent la nécessité de mener des études plus robustes, avec des échantillons plus larges et représentatifs, afin de mieux comprendre le véritable potentiel thérapeutique des cannabinoïdes.
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« Nous avons clairement besoin de davantage de recherches, notamment pour les pathologies pour lesquelles les options thérapeutiques restent limitées », conclut Jack Wilson.
En attendant, cette analyse invite à nuancer les espoirs placés dans le cannabis médical, souvent perçu comme une solution naturelle et universelle, mais dont les effets restent encore largement à confirmer.

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