Chaque année, le même paradoxe se répète. Alors que le mois de Ramadan est associé à la générosité et au partage, les réserves de sang, elles, diminuent. En 2026, l’Association AMAL, dédiée aux patients atteints de leucémies, a décidé de remettre cette réalité au cœur du débat public à travers une campagne de sensibilisation déployée tout au long du mois sacré.
Le constat est connu des professionnels de santé : durant Ramadan, les dons de sang enregistrent un recul significatif. Fatigue liée au jeûne, rythmes de vie décalés, priorités familiales et spirituelles… autant de facteurs qui contribuent à éloigner les donneurs.
Mais sur le terrain, les besoins, eux, ne diminuent pas.
Pour les patients atteints de leucémies notamment, les transfusions sont régulières, parfois vitales. Une baisse des réserves peut donc avoir des conséquences directes sur la continuité des soins. C’est cette urgence silencieuse que l’Association AMAL a voulu mettre en lumière.
S’adresser aux Marocains au bon moment
Pour toucher le public, la campagne a été pensée en lien étroit avec les habitudes du mois sacré. Deux moments clés ont été ciblés : les sorties après le ftour et les prières des Tarawih.
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L’idée est simple : aller à la rencontre des Marocains là où ils sont, au moment où ils sont disponibles, et replacer le don de sang dans les gestes concrets de solidarité.
“Red After Ftour” : détourner les codes pour mieux alerter
Premier dispositif, “Red After Ftour”. Une campagne construite comme une communication événementielle classique, avec des messages intrigants et une mention “interdit aux moins de 18 ans”.
Mais derrière cette apparente promotion nocturne, le message se révèle autrement plus sérieux : il s’agit d’une invitation à donner son sang après la rupture du jeûne.
Un jeu de codes qui permet de capter l’attention, avant de la rediriger vers un enjeu de santé publique. La mention liée à l’âge, elle, rappelle simplement que le don de sang est réservé aux adultes.
Un rappel spirituel aux abords des mosquées
En parallèle, AMAL a choisi une approche plus symbolique et ancrée dans les valeurs du Ramadan. Aux abords des mosquées, à l’heure des Tarawih, des objets familiers — des tsabih — ont été distribués dans une teinte rouge évocatrice.
Accompagnés d’un message fort, inspiré d’un verset coranique : « Quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité ».
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Une manière de rappeler que le don de sang peut être perçu comme un acte profondément aligné avec l’esprit du mois sacré.
Un enjeu qui dépasse Ramadan
Si la campagne s’inscrit dans un contexte particulier, elle met en lumière une problématique plus large. Le don de sang reste insuffisant au Maroc, et la mobilisation demeure souvent ponctuelle.
Or, pour garantir des stocks suffisants, l’engagement doit être régulier.
À travers cette initiative, l’Association AMAL appelle à inscrire ce geste dans la durée. Car derrière chaque don, il y a une réalité simple : des vies qui en dépendent.
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