Journal d'un père (presque) ordinaire

Journal d’un père (presque) ordinaire. Elle ne sait pas dire « non »

À la maison, elle dit non à tout. À l’école, elle ne dit jamais non. Entre les deux, des parents un peu perdus, et une question toute simple : qu’est-ce qu’on attend vraiment d’un enfant de cinq ans ?

La maîtresse a dit à ma femme :
« Tilila ne sait pas dire non. »

Ça l’a inquiétée.

Moi, ça m’a fait rire.

Parce qu’à la maison, dire non, c’est littéralement son activité principale. On pourrait presque en faire un planning.

Le matin :
« Non, je ne veux pas me lever. »

Le soir :
« Non, je ne veux pas dormir. »

Entre les deux :
« Non. »

Donc forcément, il y a un truc qui ne colle pas.

Deux environnements.
Deux comportements.
Deux Tilila.

Ma femme, elle, voit le problème. Elle me dit qu’il faut lui apprendre à se défendre. À répondre. À ne pas toujours aller voir la maîtresse dès que quelqu’un l’embête.

Que sinon, elle va se faire marcher dessus.

Je comprends ce qu’elle veut dire.

Mais en même temps, je ne suis pas à l’aise avec ça.

Parce que ça revient à demander à une enfant de cinq ans de gérer seule des situations qu’on confie normalement… à des adultes.

À l’école, il y a une maîtresse.
C’est son boulot.

Alors quand Tilila va la voir, je ne vois pas forcément un problème. Je vois quelqu’un qui applique la règle.

Si un enfant lui prend un jouet, elle ne négocie pas, elle ne crie pas, elle ne tape pas. Elle va voir l’adulte.

Franchement, sur le principe, ce n’est pas absurde.


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Mais je vois aussi le revers.

Parce qu’à force de ne pas répondre, de ne pas s’opposer, de toujours déléguer… on peut finir par ne jamais poser ses propres limites.

Et ça, ce n’est pas forcément mieux.

Donc on se retrouve dans cette zone un peu floue.

Entre :
“Laisse, va voir la maîtresse”

et
“Débrouille-toi toute seule”

Aucune des deux options ne me semble totalement juste.


Je me demande si le problème, en réalité, ce n’est pas nous.

Nous, adultes, qui projetons déjà des enjeux beaucoup trop loin.

On parle de rapports de force, de domination, de caractère.

Alors qu’elle… elle veut juste jouer tranquille.


Peut-être que dire non, ça s’apprend.
Mais pas en théorie.

Pas en mode :
“À partir d’aujourd’hui, tu dois te défendre.”

Ça viendra autrement.

Dans les jeux.
Dans les disputes.
Dans les petits conflits du quotidien.

Pas besoin de lui faire un briefing stratégique.

Ce qui est drôle, au fond, c’est que chez nous, elle dit non en permanence.

Donc la capacité, elle l’a.

Elle sait très bien s’opposer.
Elle sait très bien refuser.

Elle a même un certain talent.


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La vraie question, c’est pourquoi elle ne le fait pas à l’école.

Et là, on peut imaginer plein de choses.

Le cadre.
L’autorité.
Le regard des autres.
Ou juste… le fait qu’elle n’en ressente pas le besoin.

Je me dis qu’on va peut-être la laisser tranquille avec ça.

Observer.

Voir comment ça évolue.

Parce qu’à chaque fois qu’on a voulu corriger quelque chose trop vite avec elle… on s’est un peu plantés.

Alors cette fois, on va essayer autre chose.

Ne rien faire.

Et franchement, vu son niveau à la maison… je ne suis pas très inquiet sur sa capacité à dire non le jour où ce sera vraiment nécessaire.

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Ryad Mabsout

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