Deux cas confirmés, un virus à très forte létalité, et des contrôles renforcés dans plusieurs pays d’Asie. Même contenue, la résurgence du virus Nipah en Inde rappelle la fragilité de nos équilibres sanitaires mondiaux.
Les autorités indiennes assurent avoir contenu un foyer du virus Nipah détecté dans l’État du Bengale occidental. Deux cas ont été confirmés depuis le mois de décembre, selon le ministère de la Santé, qui affirme que près de 200 personnes ayant été en contact avec les patients ont été identifiées, mises en quarantaine et testées négatives. Officiellement, « la situation est sous contrôle ».
Mais dans le reste de l’Asie, le ton est plus prudent. Plusieurs pays ont immédiatement renforcé leurs dispositifs de surveillance sanitaire, notamment dans les aéroports, signe que le souvenir du Covid-19 reste encore très vif dans les esprits.
Un virus rare, mais extrêmement létal
Le virus Nipah n’est pas nouveau. Identifié pour la première fois dans les années 1990 en Malaisie, il appartient à la famille des zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Les chauves-souris frugivores en sont le principal réservoir, mais la transmission peut également se faire par les porcs ou par contact direct entre humains.
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Ce qui rend Nipah particulièrement inquiétant, c’est sa létalité élevée, estimée entre 40 % et 75 % selon l’Organisation mondiale de la santé. Bien au-delà de celle du coronavirus. Les symptômes sont sévères : fièvres intenses, vomissements, troubles neurologiques, convulsions, pouvant évoluer rapidement vers un coma.
À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe. La prise en charge repose uniquement sur des soins de soutien destinés à limiter les complications.
Des réactions en chaîne en Asie
Bien qu’aucun cas n’ait été signalé hors d’Inde, plusieurs pays asiatiques ont préféré agir sans attendre.
L’Indonésie et la Thaïlande ont renforcé les contrôles sanitaires dans leurs principaux aéroports, avec des déclarations de santé, des contrôles de température et une surveillance visuelle accrue des passagers en provenance d’Inde.
À Bangkok, des scanners thermiques ont été installés pour les vols directs en provenance du Bengale occidental. Le Myanmar a, de son côté, déconseillé les voyages non essentiels vers la région concernée et appelé les voyageurs récents à consulter immédiatement en cas de symptômes dans les deux semaines suivant leur retour.
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Le Vietnam a renforcé la surveillance aux frontières et insisté sur les règles de sécurité alimentaire, tandis que la Chine a annoncé un renforcement des mesures de prévention dans ses zones frontalières, avec une montée en puissance des capacités de surveillance et de formation du personnel médical.
Une alerte plus large que le seul cas indien
Les autorités indiennes ont tenu à démentir les rumeurs faisant état d’une flambée incontrôlée de cas, qualifiant ces chiffres de « spéculatifs et incorrects ». Mais le simple fait que des États voisins réactivent des dispositifs hérités de la pandémie de Covid-19 montre que la confiance est mesurée.
L’Inde a déjà connu plusieurs épisodes de Nipah : au Bengale occidental en 2001 et 2007, puis plus récemment dans l’État du Kerala. En 2018, une flambée majeure y avait causé la mort d’au moins 17 personnes.
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