Citation du jour

«Créer, c’est résister. Résister, c’est créer» — Stéphane Hessel

Cette phrase de Stéphane Hessel condense une vision du monde forgée dans l’épreuve, l’histoire et l’engagement. Elle refuse la séparation entre l’action politique et l’élan créatif, entre la lutte et l’invention. En quelques mots, Hessel rappelle que la résistance ne se limite pas au refus ou à l’opposition : elle est aussi une force de création, une manière d’imaginer d’autres possibles.

Créer et résister ne sont pas deux gestes distincts. Ils se nourrissent l’un l’autre.

Résister autrement que par la confrontation

La résistance est souvent associée à l’affrontement, au conflit, à la négation de ce qui existe. Or, Hessel propose une lecture plus large. Résister, ce n’est pas seulement dire non. C’est refuser la résignation, l’indifférence, l’acceptation passive de l’inacceptable.

Dans ce sens, créer devient une forme de résistance pacifique. Créer du lien là où il se défait. Créer du sens là où le langage s’appauvrit. Créer de la solidarité là où la compétition isole. Chaque acte créatif devient un acte de désobéissance douce face à ce qui abîme.

La résistance n’est plus uniquement réaction. Elle devient proposition.


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La création comme acte politique

Créer n’est pas réservé aux artistes. On crée en écrivant, en enseignant, en soignant, en transmettant, en inventant de nouvelles manières de vivre ensemble. Hessel rappelle que toute création authentique dérange l’ordre établi, ne serait-ce que parce qu’elle ouvre un espace inédit.

Créer, c’est affirmer qu’un autre monde est pensable. Et cette affirmation, dans des contextes de domination ou de découragement, est profondément politique. Elle empêche la fermeture totale de l’horizon.

Dans cette perspective, la créativité n’est pas un luxe. Elle est une nécessité démocratique.

Résister à l’usure morale

L’une des violences les plus silencieuses de notre époque est l’usure morale : fatigue, cynisme, sentiment d’impuissance. Face à cela, Hessel oppose une résistance par l’élan. Créer, c’est refuser de laisser la lassitude gagner. C’est maintenir vivant un espace intérieur où quelque chose peut encore naître.

Cette création n’a pas besoin d’être spectaculaire. Elle peut être modeste, quotidienne, fragile. Mais elle porte en elle une énergie de refus : refus de l’inhumanité, refus du renoncement.

Créer devient alors une manière de tenir debout.


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Quand la résistance nourrit la création

La phrase de Hessel fonctionne dans les deux sens. Résister, c’est aussi créer. Car toute résistance durable doit inventer ses formes, ses langages, ses gestes. Sans créativité, la résistance se fige, s’épuise, se répète.

L’histoire montre que les grandes avancées sociales ont toujours été accompagnées d’une imagination collective : nouveaux récits, nouvelles solidarités, nouvelles manières de penser le vivre-ensemble. Résister sans créer conduit à l’impasse. Créer sans résister risque de devenir décoratif.

Hessel lie les deux pour éviter ces dérives.

Une invitation à l’engagement vivant

Cette phrase n’est pas un slogan abstrait. Elle est une invitation personnelle. Elle interroge chacun : que créons-nous face à ce qui nous indigne ? Comment résistons-nous sans nous durcir ?

Hessel ne prône ni la violence ni le repli. Il appelle à un engagement vivant, incarné, qui passe par la parole, l’action, l’invention. Un engagement qui transforme autant celui qui agit que le monde autour de lui.

Créer et résister deviennent alors des gestes indissociables, portés par une même exigence éthique.


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Créer pour ne pas céder

Dans un monde traversé par les crises, la tentation du découragement est forte. La phrase de Stéphane Hessel agit comme un rappel : il existe toujours une marge de création, même dans les contextes les plus contraints. Et cette marge est déjà une forme de résistance.

Créer, c’est refuser la fatalité.
Résister, c’est refuser le silence.

En liant ces deux gestes, Hessel ne nous demande pas d’être héroïques.
Il nous invite simplement à ne pas renoncer à notre puissance humaine la plus essentielle : celle d’inventer, encore, malgré tout.

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