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À Casablanca, Raja Atlassi transforme le noir en lumière

Du 22 janvier au 14 mars 2026, la Galerie Les Tours Végétales, à Casa Anfa, accueille l’exposition Obscur Clair de l’artiste plasticienne Raja Atlassi, organisée par Art first galerie. Une proposition exigeante et méditative, où le noir devient matière à réflexion.

Dans cet accrochage, le noir n’est pas traité comme une simple couleur. Il est envisagé comme un concept. Un espace. Une profondeur.

Le noir comme territoire spirituel

Chez Raja Atlassi, le noir est multidimensionnel. Tantôt posé sur toile, tantôt décliné sur papier, il ne relève jamais du hasard. Il suggère l’âme, le secret, l’invisible. Il installe un silence dense qui oblige le regard à ralentir.

Les œuvres invitent à une forme d’introspection. Le noir y devient paradoxalement l’origine de la lumière. Non pas une lumière éclatante, mais une clarté intérieure, presque spirituelle. Une lumière qui ne s’impose pas : elle se révèle.


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Des touches d’or viennent parfois s’adosser à cette obscurité. Elles ne cherchent pas l’effet décoratif. Elles symbolisent une illumination précieuse, une élévation, une forme de guidance. La texture joue ici un rôle central : la matière renforce la profondeur du noir, le rend presque tactile, comme un relief intérieur.

De l’obscur naît le clair.

Une écriture verticale et intérieure

L’exposition met également en avant un travail marqué par la verticalité. Les lignes, répétées, presque calligraphiques, instaurent un rythme. Certaines œuvres laissent deviner la présence discrète du « Alif » courbé (première lettre de l’alphabet arabe) inscrit avec finesse au cœur de la composition.

Ce signe n’est pas anodin. Il rappelle le lien étroit entre l’écriture et la peinture chez l’artiste. Formée en littérature française, Raja Atlassi entretient un rapport profond au verbe. Son geste pictural prolonge cette quête du signe.

L’encre noire sur papier, technique parmi les plus anciennes de l’histoire de l’art, fait écho aux traditions asiatiques et aux jardins nocturnes japonais qui inspirent l’artiste. Ces jardins où l’on se perd pour mieux se retrouver.

L’ensemble compose une narration visuelle intime, presque un monologue intérieur. Une peinture habitée par la spiritualité, mais sans ostentation.

Une artiste ancrée dans la scène marocaine

Née le 13 mai 1965 à Casablanca, Raja Atlassi vit et travaille dans la capitale économique. Depuis deux décennies, elle expose au Maroc et à l’international, participant à des événements majeurs de la scène contemporaine et intégrant des collections institutionnelles et privées.


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Avec Obscur Clair, elle poursuit une recherche cohérente : sonder les zones d’ombre pour mieux révéler la lumière.

Une exposition en résonance avec le Ramadan

Visible jusqu’au 14 mars 2026, et donc jusqu’à la fin du Ramadan, l’exposition trouve une résonance particulière dans cette période de recueillement. L’introspection suggérée par les œuvres dialogue naturellement avec le rythme plus intérieur du mois sacré.

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R.M.

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