Une vaste étude américaine révèle que les adultes n’ayant jamais été mariés présentent un risque nettement plus élevé de cancer. Un écart qui s’observe dans la majorité des pathologies et qui s’explique en grande partie par des facteurs comportementaux, biologiques et d’accès aux soins.
Le statut marital pourrait être un indicateur de santé bien plus déterminant qu’on ne le pensait. Une étude publiée le 8 avril 2026 dans Cancer Research Communications et menée à partir de données couvrant plus de 100 millions de personnes aux États-Unis entre 2015 et 2022 met en évidence un écart significatif de risque de cancer entre les individus jamais mariés et ceux ayant été mariés au moins une fois.
Les femmes célibataires plus exposées
Les résultats montrent que les hommes non mariés présentent un risque de cancer supérieur de 68 % par rapport à leurs homologues mariés, tandis que cet excès de risque atteint 85 % chez les femmes. Cet écart est observé de manière constante dans presque tous les groupes d’âge et dans l’ensemble des populations étudiées.
Cette différence ne se limite pas à quelques cancers spécifiques. Elle concerne la majorité des localisations, avec des écarts particulièrement marqués pour certaines pathologies. Chez les hommes, le risque de cancer anal est par exemple multiplié par cinq chez les non-mariés, tandis que chez les femmes, le risque de cancer du col de l’utérus est plus de deux fois supérieur. Les cancers du poumon, du foie ou de l’œsophage présentent également des écarts importants.
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Ces variations ne sont pas homogènes. Les cancers les plus sensibles au statut marital sont ceux liés à des facteurs modifiables. Les cancers associés au tabac, à l’alcool ou à certaines infections, comme le papillomavirus humain (HPV), affichent les écarts les plus élevés. À l’inverse, les cancers davantage influencés par des facteurs biologiques ou par le dépistage systématique, comme ceux de la prostate, de la thyroïde ou du sein, présentent des différences plus modérées.
L’étude met également en évidence un effet d’accumulation avec l’âge. Chez les personnes de plus de 55 ans, le risque de cancer chez les non-mariés est quasiment deux fois plus élevé que chez les individus ayant été mariés. Cette progression suggère que les écarts observés résultent de trajectoires de vie différentes sur le long terme.
Plusieurs mécanismes en cause
Plusieurs mécanismes sont avancés pour expliquer ces résultats. Les chercheurs évoquent d’abord des différences de comportements. Les personnes non mariées présentent, en moyenne, des niveaux plus élevés de consommation de tabac et d’alcool, ainsi qu’une exposition plus importante à certains facteurs de risque environnementaux. Elles ont également tendance à recourir moins fréquemment au dépistage, ce qui peut retarder le diagnostic.
À cela s’ajoute une dimension physiologique. Certaines recherches montrent que les individus non mariés présentent plus souvent des marqueurs d’inflammation chronique et des déséquilibres métaboliques à partir de la quarantaine, des facteurs associés à un risque accru de cancer.
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L’étude souligne aussi l’importance du suivi médical. Les personnes mariées sont plus susceptibles d’être diagnostiquées à un stade précoce, notamment parce qu’elles consultent davantage et bénéficient d’un environnement favorisant l’adhésion aux soins. Le partenaire joue ici un rôle indirect mais structurant, en influençant les comportements de santé et la régularité du suivi.
Enfin, les auteurs insistent sur un point méthodologique important : le mariage lui-même n’est pas nécessairement la cause directe de ces différences. Il peut aussi refléter une sélection initiale. Les personnes qui se marient présentent souvent, dès le départ, un meilleur état de santé, des comportements plus favorables et une situation socio-économique plus stable, autant de facteurs qui influencent le risque de cancer.
Mais même en tenant compte de ces biais, l’ampleur des écarts observés reste significative. Le statut marital apparaît ainsi comme un marqueur robuste, capable de regrouper plusieurs dimensions du risque : comportements, environnement social, accès aux soins et trajectoire de vie.
Sources
- Pinheiro P.S., Balda A.N., Cranford H.M., Crane T.E., Kobetz E.N., Penedo F.J., Marriage and Cancer Risk: A Contemporary Population-Based Study Across Demographic Groups and Cancer Types, Cancer Research Communications, 2026.
https://doi.org/10.1158/2767-9764.CRC-25-0814
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