À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée ce 24 mars, un chiffre interpelle : au Maroc, 53 % des nouveaux cas enregistrés en 2025 concernent des formes extra-pulmonaires. Une réalité encore peu connue du grand public, mais qui complique considérablement le diagnostic et la prise en charge de la maladie.
Longtemps associée à une toux persistante et à une atteinte pulmonaire, la tuberculose prend aujourd’hui des formes plus discrètes. Les formes dites extra-pulmonaires peuvent toucher d’autres organes : ganglions, os, reins, système nerveux ou encore peau.
Ce basculement épidémiologique, mis en avant par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, souligne une évolution importante de la maladie dans le pays. Car ces formes sont souvent plus difficiles à détecter, en raison de symptômes moins typiques et parfois tardifs.
Un défi majeur pour le diagnostic
Contrairement à la tuberculose pulmonaire, qui peut être suspectée à partir de signes respiratoires, les formes extra-pulmonaires nécessitent des examens plus poussés : imagerie, biopsies, analyses spécifiques. Résultat : le diagnostic peut être retardé, avec un impact direct sur la prise en charge.
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Le ministère insiste ainsi sur la nécessité de renforcer la vigilance clinique des professionnels de santé et d’améliorer le dépistage précoce. L’objectif est clair : identifier plus rapidement ces formes pour éviter les complications.
Sensibiliser pour mieux détecter
Le thème retenu cette année — « La tuberculose ne touche pas que les poumons » — vise précisément à combler ce déficit de connaissance. Car pour une grande partie de la population, la maladie reste encore associée à ses formes les plus visibles.
Au-delà des campagnes de sensibilisation, un webinaire scientifique national doit réunir cette semaine experts, médecins et partenaires institutionnels. L’objectif : analyser la situation au Maroc, partager les dernières avancées et renforcer les capacités de prise en charge.
Une priorité de santé publique
Malgré les progrès réalisés, la tuberculose reste une maladie largement présente au Maroc. Elle demeure une priorité dans le cadre du Plan stratégique national 2024-2030, qui vise notamment à réduire la mortalité de 60 % et l’incidence de 35 % d’ici 2030.
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Ce plan repose sur plusieurs leviers : amélioration du dépistage, accès élargi au traitement, suivi des patients et coordination entre les différents acteurs de santé.
Une maladie curable… à condition d’agir tôt
Le ministère rappelle que la tuberculose est une maladie évitable et curable, à condition d’être diagnostiquée à temps et traitée correctement. Mais dans le cas des formes extra-pulmonaires, cette équation devient plus complexe.
D’où l’importance d’un message simple mais essentiel : face à des symptômes persistants ou inhabituels — fatigue, douleurs localisées, ganglions, fièvre — consulter rapidement peut faire la différence.
Car aujourd’hui, la tuberculose ne disparaît pas. Elle change de visage.
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