Et si ce que nous mangeons chaque jour augmentait silencieusement notre risque de maladie cardiovasculaire ? Une étude récente publiée dans JACC: Advances apporte un éclairage inquiétant : plus la consommation d’aliments ultra-transformés est élevée, plus le risque d’événements cardiovasculaires augmente — de manière progressive et mesurable.
Menée dans le cadre de la cohorte américaine MESA (Multiethnic Study of Atherosclerosis), cette recherche a suivi plus de 6 800 adultes âgés de 45 à 84 ans, initialement en bonne santé cardiovasculaire. L’objectif : analyser l’impact à long terme de la consommation d’aliments ultra-transformés sur le risque de maladies cardiovasculaires, en tenant compte de facteurs tels que l’âge, le mode de vie ou encore le statut socio-économique.
Contrairement à de nombreuses études antérieures, celle-ci se distingue par la diversité de sa population (Blancs, Noirs, Hispaniques et Asiatiques), ce qui renforce la portée de ses conclusions.
Un risque qui augmente à chaque portion
Le résultat principal est sans équivoque : chaque portion quotidienne supplémentaire d’aliments ultra-transformés est associée à une augmentation de 5,1 % du risque d’événements cardiovasculaires.
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Plus marquant encore, les personnes consommant le plus de ces produits (dans le quintile supérieur) présentent un risque accru de près de 67 % par rapport à celles qui en consomment le moins.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’un effet ponctuel, mais d’une relation dose-réponse : plus la consommation augmente, plus le risque grimpe.
Que sont vraiment les aliments ultra-transformés ?
Les aliments ultra-transformés — définis selon la classification Nova — sont des produits industriels composés de substances raffinées, d’additifs et d’ingrédients modifiés chimiquement. Ils incluent notamment les sodas, snacks sucrés ou salés, plats préparés, céréales industrielles, pâtisseries, ou encore certaines viandes reconstituées.
Ces produits sont conçus pour être pratiques, bon marché et particulièrement appétissants. Mais ils contiennent souvent peu d’aliments bruts et une forte densité en sucres, sel, graisses et additifs.
Des mécanismes biologiques multiples
L’étude rappelle que plusieurs mécanismes pourraient expliquer ce lien entre aliments ultra-transformés et maladies cardiovasculaires.
Ces produits favorisent une consommation calorique excessive, perturbent le microbiote intestinal, altèrent les signaux de satiété et influencent le métabolisme hormonal.
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À long terme, ces effets peuvent conduire à une cascade de troubles : résistance à l’insuline, hypertension, dyslipidémie, inflammation chronique et stress oxydatif — autant de facteurs impliqués dans les maladies cardiovasculaires.
Un impact inégal selon les populations
L’un des résultats les plus marquants de cette étude concerne les disparités observées entre les groupes.
L’association entre consommation d’aliments ultra-transformés et risque cardiovasculaire apparaît plus forte chez les populations afro-américaines.
Les chercheurs avancent plusieurs explications : inégalités d’accès à une alimentation de qualité, marketing ciblé de produits industriels, environnement alimentaire défavorable ou encore stress chronique.
Ces éléments soulignent que le risque alimentaire ne relève pas uniquement de choix individuels, mais aussi de facteurs structurels.
Un enjeu de santé publique majeur
Aujourd’hui, les aliments ultra-transformés représentent plus de 50 % des apports caloriques dans certains pays occidentaux.
Face à cette réalité, les auteurs insistent sur la nécessité d’aller au-delà des recommandations individuelles. Réduire leur consommation suppose également des politiques publiques : amélioration de l’accès à des aliments frais, régulation du marketing, éducation nutritionnelle et actions ciblées dans les populations les plus exposées.
Repenser notre alimentation
Cette étude ne dit pas qu’il faut bannir totalement les aliments ultra-transformés. Elle met en lumière une réalité plus subtile : leur place dans l’alimentation moderne est devenue excessive.
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Réduire leur consommation, au profit d’aliments peu transformés — fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes — apparaît comme une stratégie essentielle pour préserver la santé cardiovasculaire.
Car au fond, ce que montre cette recherche, c’est que notre alimentation n’est pas seulement une question de goût ou de commodité.
C’est un déterminant majeur de notre santé à long terme.
Sources
- Étude principale :
Association Between Ultraprocessed Food Consumption and Cardiovascular Disease Risk: MESA
https://www.jacc.org
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