Après la chute de dizaines de conteneurs en mer au large de Casablanca fin février, des déchets et des marchandises continuent d’être rejetés sur les plages de la corniche. Des mouettes mortes ont également été retrouvées parmi les débris, suscitant des inquiétudes sur l’impact écologique de l’incident.
Un incident maritime survenu fin février au large de Casablanca commence à révéler ses conséquences environnementales. Sur plusieurs plages de la corniche, notamment à Aïn Diab, des déchets issus de conteneurs tombés à la mer ont été retrouvés échoués sur le sable. Parmi eux, des plastiques, des emballages et des marchandises diverses. Mais ce sont surtout les images de mouettes retrouvées mortes au milieu des débris qui suscitent l’inquiétude.
85 conteneurs tombés en mer
Dans la nuit du 25 au 26 février 2026, vers 23h45, le porte-conteneurs Ionikos, battant pavillon libérien et appartenant à l’armateur grec Dioryx Maritime, quittait le port de Casablanca après avoir déchargé une cargaison en provenance de Chine. Peu après avoir franchi la passe et la digue du port, le navire a été confronté à une forte houle et à des vagues importantes. Sous l’effet d’un phénomène de roulis violent, appelé synchronous rolling dans le transport maritime, une partie de la cargaison s’est déplacée sur le pont.
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En quelques minutes, environ 85 conteneurs sont tombés à la mer à l’entrée du port. Le navire n’a pas subi de dommages structurels majeurs et s’est ensuite ancré à plusieurs milles nautiques au large de Casablanca dans l’attente d’inspections techniques et d’autorisations des autorités maritimes.
La présence de conteneurs flottants dans le chenal d’accès a immédiatement soulevé des questions de sécurité. L’Agence nationale des ports a alors décidé de suspendre temporairement le trafic maritime. Le port de Casablanca est resté partiellement fermé pendant près de deux jours, le temps de sécuriser la zone et de localiser les conteneurs dérivants. Le trafic a ensuite repris progressivement à la fin du mois de février.
Plages couvertes de déchets
Dans les jours qui ont suivi l’incident, une partie des conteneurs ou de leur contenu a dérivé vers le littoral. Début mars, des images diffusées sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias ont montré des plages de la corniche casablancaise couvertes de déchets. À Aïn Diab, mais aussi sur d’autres portions du littoral voisin, des promeneurs ont découvert des plastiques, des emballages alimentaires, des objets de consommation, des pièces diverses et même des produits issus de cargaisons éventrées par les rochers et la houle.
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Au milieu de ces débris, plusieurs mouettes ont été retrouvées mortes sur le sable. Pour certains observateurs, ces oiseaux auraient pu ingérer des déchets plastiques ou des substances issues des conteneurs. Bien que les causes exactes de leur mort n’aient pas encore été confirmées, ces images ont suscité une forte inquiétude quant aux conséquences écologiques de l’incident pour la faune locale.
Depuis l’accident, des opérations de récupération et de nettoyage ont été engagées. La Gendarmerie royale, des équipes de surveillance maritime et des agents de propreté interviennent pour récupérer les conteneurs flottants et nettoyer les plages touchées. Les autorités procèdent à des opérations régulières sur le littoral, mais la mer continue parfois de rejeter de nouveaux déchets plusieurs jours après l’incident.
Mobilisation citoyenne
Face à la situation, certains citoyens se sont également mobilisés. Des groupes de bénévoles ont participé à des opérations de ramassage sur les plages afin de retirer les plastiques et les objets échoués. Sur les réseaux sociaux, plusieurs témoignages évoquent l’ampleur des déchets présents sur certaines portions du littoral et appellent à une réaction plus visible des acteurs concernés.
Une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes exactes de la chute des conteneurs. Les investigations devront notamment examiner les conditions météorologiques au moment du départ du navire, la stabilité de la cargaison ainsi que les procédures d’arrimage utilisées à bord. En attendant les conclusions, cet épisode rappelle la vulnérabilité des écosystèmes côtiers face aux incidents maritimes et la difficulté de contenir rapidement leurs conséquences environnementales.
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