Rick Hanson
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Cocaïne, kétamine, crack: la Belgique “testée positive” dans ses eaux usées

Une étude menée en Belgique à partir de l’analyse des eaux usées révèle une consommation généralisée de cocaïne et une forte progression de la kétamine dans le pays.

Une nouvelle étude menée en Belgique offre un éclairage inédit sur la consommation de drogues dans le pays. En analysant les eaux usées de plusieurs villes, les chercheurs ont pu mesurer l’ampleur réelle de l’usage de certaines substances, notamment la cocaïne et la kétamine. Les résultats montrent une présence généralisée de ces drogues, avec des tendances de consommation qui varient selon les substances et les contextes.

Une radiographie nationale grâce aux eaux usées

L’étude a été menée par l’institut de santé publique belge Sciensano. Pour la première fois, les chercheurs ont réalisé une analyse à grande échelle en prélevant des échantillons dans 17 stations d’épuration du pays pendant une semaine, à la fin du mois de mars 2025.


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Cette méthode scientifique consiste à détecter les traces de substances présentes dans les eaux usées. Elle permet d’estimer de manière indirecte mais très fiable la consommation réelle de drogues dans la population, sans dépendre des déclarations des usagers.

Les résultats, publiés mercredi, dessinent un panorama préoccupant de l’usage de drogues en Belgique.

La cocaïne présente dans tout le pays

L’étude révèle d’abord une utilisation généralisée de la cocaïne. Des traces de cette drogue ont été détectées dans toutes les stations d’épuration analysées, ce qui suggère une diffusion très large de la substance sur l’ensemble du territoire.

Les concentrations les plus élevées ont été observées pendant les week-ends, ce qui confirme le lien entre consommation de cocaïne et activités festives ou vie nocturne.

MDMA et vie nocturne

Autre substance retrouvée dans les analyses : la MDMA, principale molécule de l’ecstasy. Elle a également été détectée dans toutes les stations étudiées.


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Les chercheurs ont toutefois observé des différences régionales. La consommation apparaît plus élevée en Flandre et à Bruxelles qu’en Wallonie, avec des niveaux qui augmentent nettement lors des périodes de fête.

Selon les scientifiques, ces résultats confirment un usage clairement associé à la vie nocturne et aux environnements festifs.

La kétamine en forte progression

L’un des résultats les plus marquants de l’étude concerne la kétamine, un anesthésiant puissant parfois détourné à des fins récréatives.

La substance a été détectée dans 16 des 17 stations d’épuration, ce qui indique qu’elle est désormais largement répandue dans le pays.

Contrairement à la cocaïne ou à la MDMA, la présence de kétamine ne varie pas significativement entre la semaine et le week-end. Selon les chercheurs, cela suggère des usages dans des contextes variés, allant de la vie étudiante et nocturne à certains milieux médicaux.

Pour l’institut Sciensano, cette évolution est préoccupante : la kétamine semble avoir gagné rapidement en popularité sur le marché des drogues.

Le crack plus répandu qu’on ne le pensait

L’analyse des eaux usées révèle également une présence du crack dans 11 des 17 stations d’épuration étudiées.

Contrairement à certaines idées reçues, la consommation ne se limite pas à la capitale belge. Elle est observée dans plusieurs régions du pays.


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Les chercheurs notent aussi l’absence de variation entre semaine et week-end, ce qui suggère une consommation liée davantage à la dépendance qu’à un usage récréatif ponctuel.

La Belgique, porte d’entrée de la drogue en Europe

Ces résultats interviennent dans un contexte particulier. La Belgique constitue l’une des principales portes d’entrée des drogues en Europe, notamment via le port d’Anvers, l’un des plus grands ports de marchandises du continent.

Cette position stratégique favorise l’arrivée de grandes quantités de stupéfiants sur le marché européen.

Une tendance confirmée à l’échelle européenne

L’étude belge s’inscrit dans un mouvement de recherche plus large. En 2025, une analyse européenne menée dans 128 villes de 26 pays avait déjà montré une augmentation des traces de cocaïne, d’ecstasy et d’amphétamines dans les eaux usées par rapport à l’année précédente.

Ces recherches permettent aux autorités sanitaires de mieux suivre l’évolution du marché des drogues et d’anticiper les risques pour la santé publique.

Le cannabis, pourtant la drogue illicite la plus consommée, n’a pas été inclus dans l’étude belge. Les chercheurs expliquent que son analyse dans les eaux usées nécessite encore des méthodes scientifiques spécifiques en cours de développement.

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Benoît Bonifacy

About Author

Benoît Bonifacy est journaliste spécialisé en santé et psychologie pour MieuxVivre.ma. D’origine corse et amoureux du Maroc, il analyse les études scientifiques et décrypte les enjeux émotionnels modernes pour aider les lecteurs à mieux comprendre leur santé mentale.

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