Le Conseil de la concurrence recommande de revoir en profondeur les critères d’implantation des pharmacies au Maroc. Objectif : corriger les déséquilibres actuels et améliorer l’accès aux médicaments sur l’ensemble du territoire.
Dans un avis consacré à l’état de la concurrence dans le secteur de la distribution des médicaments, l’institution souligne une réalité bien connue: certaines zones urbaines connaissent une forte concentration de pharmacies, tandis que d’autres territoires restent moins bien desservis.
Pour y remédier, le Conseil propose d’introduire de nouveaux critères d’implantation. Parmi eux figurent la densité de population, la zone de chalandise réelle, mais aussi le temps d’accès ou la distance vers l’officine la plus proche. L’objectif est de mieux adapter l’ouverture de nouvelles pharmacies aux besoins réels des populations.
Cette approche s’inscrit dans une logique de planification territoriale, destinée à garantir un accès plus équitable et continu aux médicaments, tout en préservant l’équilibre économique du réseau des officines.
Des horaires plus flexibles, mais encadrés
Au-delà de la localisation des pharmacies, le Conseil de la concurrence recommande également d’introduire davantage de flexibilité dans les horaires d’ouverture.
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Les officines pourraient ainsi adapter leurs horaires en fonction de la demande locale, tout en maintenant les obligations liées au service de garde de nuit, qui resterait strictement encadré. Cette évolution vise à améliorer l’accès aux médicaments, notamment en dehors des horaires classiques.
Vers une nouvelle rémunération du pharmacien
Autre proposition importante : la mise en place d’un modèle de rémunération mixte pour les pharmaciens.
Aujourd’hui, la rémunération repose principalement sur une marge liée au prix des médicaments. Le Conseil suggère d’y ajouter des honoraires de dispensation, c’est-à-dire une rémunération liée aux services rendus par le pharmacien, indépendamment du prix du produit.
Ce modèle, déjà appliqué dans plusieurs pays, permettrait de mieux valoriser le rôle du pharmacien dans le parcours de soins, tout en renforçant la viabilité économique des officines.
Un rôle renforcé dans le système de santé
Au-delà des aspects économiques, ces recommandations traduisent une évolution plus large : celle du rôle du pharmacien, appelé à devenir un acteur central de la santé de proximité.
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En améliorant la répartition des pharmacies, en adaptant les horaires et en repensant la rémunération, l’objectif est de mieux répondre aux besoins des patients tout en modernisant le secteur.
Car derrière ces ajustements techniques, une question essentielle se dessine : comment garantir un accès équitable aux médicaments tout en préservant un réseau de pharmacies viable et ancré dans les territoires ?
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