Actualités

Publicité pour aliments malsains: 8 Espagnols sur 10 soutiennent l’interdiction ciblant les enfants

En Espagne, près de 80 % des citoyens se disent favorables à l’interdiction de la publicité pour des aliments malsains destinée aux mineurs. Un signal fort, alors que l’exposition des enfants au marketing alimentaire reste un enjeu majeur de santé publique en Europe.

La question n’est plus marginale. Elle s’installe au cœur du débat public. En Espagne, 79 % des citoyens soutiennent l’interdiction des campagnes publicitaires promouvant des produits à faible valeur nutritionnelle auprès des mineurs, selon un rapport publié le 17 février par le ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030.

Intitulé Baromètre sur la publicité des aliments et des boissons énergisantes, ce document révèle un large consensus social en faveur d’une régulation plus stricte du marketing alimentaire ciblant les enfants. Une majorité nette qui traduit une prise de conscience collective: l’environnement médiatique façonne les habitudes alimentaires dès le plus jeune âge.

Une inquiétude massive autour des boissons énergisantes

L’étude met également en lumière une forte préoccupation concernant les boissons énergisantes. Près de 91 % des personnes interrogées soutiennent l’interdiction de leur vente aux moins de 16 ans. Plus encore, 54 % estiment que cette restriction devrait s’étendre jusqu’à 18 ans.

Les boissons énergisantes, riches en caféine et en sucre, sont régulièrement pointées du doigt par les autorités sanitaires. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rappelle que la consommation excessive de caféine chez les adolescents peut entraîner troubles du sommeil, anxiété et augmentation de la fréquence cardiaque.


Lire aussi: Manger ultra-transformé nuit gravement à la santé, même sans prise de poids, selon une étude scientifique


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) va plus loin : dans ses recommandations sur la commercialisation des aliments et boissons destinés aux enfants, elle souligne que l’exposition au marketing de produits riches en sucres, en sel ou en graisses favorise une augmentation de l’apport calorique et contribue au développement de l’obésité infantile.

Une influence précoce et durable

La publicité ne se contente pas de vendre un produit. Elle installe des préférences. Selon une méta-analyse publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, l’exposition aux publicités pour aliments ultra-transformés augmente immédiatement la consommation calorique chez les enfants, indépendamment de leur niveau de faim.

Plus préoccupant encore : cette influence s’inscrit dans la durée. Les travaux publiés dans The Lancet Child & Adolescent Health montrent que les habitudes alimentaires acquises pendant l’enfance ont un impact direct sur le risque de maladies chroniques à l’âge adulte, notamment le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

Dans ce contexte, la régulation du marketing apparaît comme un levier de prévention majeur.

Des stratégies publicitaires de plus en plus sophistiquées

Le rapport espagnol met en garde contre des techniques promotionnelles de plus en plus élaborées. L’usage d’influenceurs, de figures sportives ou de partenariats avec des événements jeunesse brouille les repères. Le message ne ressemble plus à une publicité traditionnelle : il prend la forme d’un divertissement.


Lire aussi: Comment les réseaux sociaux assomment nos ados


Or, les enfants disposent de capacités limitées pour identifier les intentions commerciales. Les chercheurs en psychologie du développement soulignent qu’avant 12 ans environ, la compréhension critique de la publicité reste incomplète. Le marketing intégré aux réseaux sociaux complique encore cette distinction.

Une dynamique européenne ?

Plusieurs pays européens ont déjà renforcé leur cadre réglementaire. Le Royaume-Uni a annoncé l’interdiction de la publicité pour les produits riches en matières grasses, sucre et sel avant 21 heures à la télévision et sur Internet. En Norvège et en Suède, la publicité destinée aux enfants est strictement encadrée depuis plusieurs années.

En Espagne, ce baromètre pourrait accélérer le débat législatif. Les autorités sanitaires affichent clairement leur volonté de réduire l’influence de l’industrie agroalimentaire sur les comportements des plus jeunes.

Protéger sans interdire de tout

Interdire la publicité ne signifie pas diaboliser l’alimentation plaisir. Il s’agit de rééquilibrer un environnement saturé de messages incitant à la consommation de produits ultra-transformés.

Le consensus espagnol montre que les citoyens perçoivent désormais le marketing alimentaire comme un enjeu de santé publique, et non plus comme une simple question commerciale.

La santé des enfants se joue aussi dans les écrans qu’ils regardent.

 

Vous méritez mieux que des conseils TikTok

Trois fois par semaine, recevez des contenus fiables, sourcés et utiles pour comprendre votre santé, votre corps et votre époque.

Sarah Jaoui

About Author

Sarah Jaoui est journaliste spécialisée dans les sujets Famille, Sport et Société pour MieuxVivre.ma. Elle analyse les tendances du quotidien, les enjeux éducatifs et les dynamiques sociales afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre et améliorer leur vie personnelle et familiale.

Vous aimerez peut-être aussi

Dans un monde en perpétuel mouvement, mieuxvivre.ma est un média fiable et engagé qui décrypte l’actualité santé et société pour vous aider à mieux comprendre, mieux choisir et mieux vivre.

Études récentes, conseils d’experts et éclairages utiles pour cultiver un équilibre durable au quotidien.