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Sommeil: près de 8 adolescents sur 10 dorment trop peu, alertent des experts

Les adolescents manquent de sommeil, et le phénomène s’aggrave. Selon des chercheurs américains, ce problème très répandu ne relève pas seulement des habitudes individuelles : il serait aussi le produit d’un environnement social et scolaire mal adapté au rythme biologique des jeunes.

Le manque de sommeil figure aujourd’hui parmi les risques de santé les plus fréquents chez les adolescents. Des travaux scientifiques montrent qu’un sommeil insuffisant est associé à des performances cognitives plus faibles, à des résultats scolaires dégradés, mais aussi à une augmentation des troubles dépressifs, de l’anxiété et d’autres problèmes de santé physique.

Les recommandations médicales sont pourtant claires. L’American Academy of Sleep Medicine et l’American Academy of Pediatrics recommandent que les adolescents âgés de 13 à 18 ans dorment entre 8 et 10 heures par nuit. Dans la pratique, ce seuil est rarement atteint.


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Un phénomène qui s’aggrave

Une analyse récente du Youth Risk Behavior Survey, une grande enquête nationale menée aux États-Unis, montre que la proportion de lycéens dormant trop peu continue d’augmenter.

Selon cette étude citée le 2 mars 2026 dans la revue médicale JAMA, la part des adolescents souffrant d’un sommeil insuffisant est passée de 68,9 % en 2007 à 76,8 % en 2023. Cette évolution s’explique en grande partie par l’augmentation des nuits très courtes, certaines ne dépassant pas cinq heures de sommeil.

Plus frappant encore, cette tendance concerne tous les groupes démographiques et tous les profils sociaux, suggérant que des facteurs structurels pourraient être à l’origine du phénomène.

Un rythme biologique en conflit avec l’école

L’un des principaux facteurs évoqués par les chercheurs concerne les horaires scolaires.

À la puberté, le rythme biologique des adolescents se modifie. La sécrétion de mélatonine — l’hormone du sommeil — se décale, ce qui rend l’endormissement difficile avant 23 heures environ. Pourtant, dans de nombreux pays, les cours commencent très tôt le matin.

Pour cette raison, plusieurs organisations médicales recommandent que les lycées commencent à 8 h 30 ou plus tard. Certaines expériences menées dans des établissements ayant retardé leurs horaires d’une heure ont montré que les élèves dormaient plus longtemps et présentaient moins de symptômes dépressifs.

Mais ces réformes restent difficiles à généraliser. Les contraintes liées au transport scolaire, aux emplois du temps des parents et aux coûts logistiques freinent leur adoption.


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Les écrans, un autre facteur majeur

Les chercheurs pointent également l’impact croissant des médias numériques.

Les écrans peuvent perturber le sommeil de deux manières : d’une part par la lumière bleue, qui retarde la production de mélatonine, et d’autre part en encourageant les adolescents à prolonger leur activité le soir, notamment sur les réseaux sociaux, les jeux vidéo ou les plateformes de vidéo.

Une étude de cohorte publiée en 2024 a ainsi montré que l’utilisation des écrans dans les deux heures précédant le coucher est associée à un endormissement plus tardif et à une réduction de la durée totale de sommeil. Lorsque l’usage se poursuit directement au lit, notamment dans des activités interactives, l’effet sur le sommeil est encore plus marqué.

Le manque de sommeil pourrait même jouer un rôle dans le lien observé entre temps d’écran élevé et symptômes dépressifs chez les adolescents.

Un problème qui dépasse les comportements individuels

Pour les auteurs de l’article publié dans JAMA, les interventions centrées uniquement sur la responsabilité individuelle des adolescents restent insuffisantes. À cet âge, les capacités d’autorégulation et de prise de décision sont encore en développement, et les jeunes disposent de peu de marge de manœuvre pour modifier les contraintes imposées par leur environnement.

Les chercheurs plaident donc pour une approche systémique, impliquant l’école, les familles, les professionnels de santé, mais aussi les entreprises technologiques et les pouvoirs publics.


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Parmi les pistes évoquées figurent le retard des horaires scolaires, la conception de technologies numériques plus respectueuses du sommeil des jeunes, ainsi qu’une meilleure sensibilisation des parents et des professionnels de santé aux troubles du sommeil chez les adolescents.

Car au-delà de la fatigue quotidienne, le manque chronique de sommeil pourrait avoir des conséquences durables sur la santé mentale, la réussite scolaire et le bien-être des jeunes générations.

L’essentiel: Sommeil des adolescents

Combien d’heures de sommeil un adolescent doit-il avoir?

Les spécialistes recommandent que les adolescents âgés de 13 à 18 ans dorment entre 8 et 10 heures par nuit. Ces recommandations sont notamment émises par l’American Academy of Sleep Medicine et l’American Academy of Pediatrics. Pourtant, de nombreuses études montrent que la majorité des adolescents dorment moins que cette durée, ce qui peut affecter leur santé physique, leur concentration et leur bien-être mental.


Pourquoi les adolescents ont-ils tendance à se coucher tard?

À la puberté, l’horloge biologique se modifie. La production de mélatonine, l’hormone qui favorise l’endormissement, se décale vers des heures plus tardives. Les adolescents ont donc naturellement tendance à s’endormir plus tard, souvent après 23 heures, ce qui rend les réveils matinaux plus difficiles, surtout lorsque l’école commence tôt.


Quels sont les risques d’un manque de sommeil chez les adolescents?

Un sommeil insuffisant peut avoir plusieurs conséquences. Les études montrent qu’il est associé à une baisse des performances scolaires, à des difficultés de concentration, mais aussi à un risque accru de dépression, d’anxiété et de troubles émotionnels. Sur le plan physique, le manque de sommeil peut également affecter le système immunitaire et la santé globale.


Les écrans empêchent-ils vraiment les adolescents de dormir?

Oui, l’usage des écrans le soir peut perturber le sommeil. La lumière bleue des smartphones, tablettes ou ordinateurs peut retarder la production de mélatonine et donc l’endormissement. De plus, les réseaux sociaux, jeux et vidéos peuvent prolonger l’activité mentale et repousser l’heure du coucher.


Pourquoi certains experts recommandent-ils de commencer l’école plus tard?

De nombreuses organisations médicales recommandent que les cours commencent à 8 h 30 ou plus tard pour les adolescents. Cette mesure permettrait de mieux respecter leur rythme biologique et d’augmenter la durée de sommeil. Des études ont montré que les élèves dont l’école commence plus tard dorment davantage et présentent parfois moins de symptômes dépressifs.

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Sarah Jaoui

About Author

Sarah Jaoui est journaliste spécialisée dans les sujets Famille, Sport et Société pour MieuxVivre.ma. Elle analyse les tendances du quotidien, les enjeux éducatifs et les dynamiques sociales afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre et améliorer leur vie personnelle et familiale.

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