«Le changement commence quand on cesse de se mentir à soi-même»
À travers ses travaux sur la communication non violente et la connaissance de soi, Thomas d’Ansembourg invite à une forme d’honnêteté rarement confortable : celle que l’on entretient avec soi-même. Cette phrase, en apparence simple, touche à un mécanisme profondément ancré dans nos vies. Car se mentir à soi-même n’est pas toujours un acte conscient. C’est souvent une stratégie, parfois subtile, destinée à éviter l’inconfort, à maintenir un équilibre, à préserver une image.
Mais cette stratégie a un coût : elle bloque le changement.
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Les petits mensonges du quotidien
Se mentir à soi-même ne prend pas forcément des formes spectaculaires. Il ne s’agit pas toujours de nier une réalité évidente. Il peut s’agir de nuances, d’ajustements, de récits que l’on se raconte pour rendre une situation plus acceptable.
Dire que tout va bien alors que quelque chose dérange. Minimiser une frustration. Justifier un choix qui ne nous correspond pas vraiment. Ces micro-arrangements permettent de continuer, d’éviter la confrontation, de rester dans une zone de confort relative.
Mais à force de répétition, ils créent un décalage.
Un décalage qui s’installe
Ce décalage entre ce que l’on ressent et ce que l’on se dit peut sembler supportable au début. Il permet de fonctionner, de s’adapter, de maintenir une certaine stabilité. Mais avec le temps, il devient plus difficile à ignorer.
Il peut se traduire par une fatigue diffuse, un sentiment d’insatisfaction, une impression de ne pas être à sa place. Rien de clairement identifiable, mais quelque chose qui ne sonne pas juste.
Ce malaise est souvent le signe que quelque chose en nous demande à être reconnu.
La vérité comme point de départ
Cesser de se mentir à soi-même, c’est d’abord accepter de voir ce qui est là. Sans filtre, sans justification immédiate. Reconnaître une émotion, un besoin, un désaccord. Mettre des mots sur ce qui, jusque-là, restait flou ou évité.
Cette étape peut être déstabilisante. Elle implique de renoncer à certaines illusions, de regarder des aspects de sa vie que l’on préférait ne pas questionner. Mais elle est essentielle. Car sans cette lucidité, aucun changement réel n’est possible.
Une lucidité exigeante
Être honnête avec soi-même ne signifie pas se juger durement. Il ne s’agit pas d’accumuler des reproches ou de se confronter avec violence. Il s’agit d’observer, de comprendre, de nommer.
Cette lucidité demande du courage. Elle oblige à sortir des automatismes, à remettre en question des habitudes, parfois des choix importants. Mais elle permet aussi de clarifier.
Sortir de l’immobilisme
Tant que l’on reste dans le déni ou dans l’ajustement superficiel, les situations évoluent peu. On tourne autour des mêmes problématiques, des mêmes frustrations, des mêmes blocages. Le changement reste théorique.
En cessant de se mentir, on ouvre une brèche. On crée un espace dans lequel une transformation devient possible. Même si elle n’est pas immédiate, même si elle est progressive.
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Une responsabilité retrouvée
Reconnaître la réalité de ce que l’on vit, c’est aussi reprendre une part de responsabilité. Non pas au sens de culpabilité, mais au sens de capacité d’action. Comprendre ce qui ne fonctionne pas permet d’envisager des ajustements, des choix différents.
Cette responsabilité peut être inconfortable. Mais elle est aussi libératrice.
Une relation plus juste à soi
Avec le temps, cette honnêteté intérieure transforme la relation à soi. Elle la rend plus stable, plus cohérente. Le décalage diminue. Les décisions deviennent plus alignées avec ce que l’on ressent réellement.
Il ne s’agit pas d’atteindre une forme de perfection. Mais de réduire les contradictions internes.
Un changement qui commence de l’intérieur
Le changement dont parle Thomas d’Ansembourg ne passe pas d’abord par l’extérieur. Il ne dépend pas uniquement des circonstances, des autres, des opportunités. Il commence à l’intérieur, dans cette capacité à se dire la vérité.
Ce point de départ peut sembler discret. Mais il est déterminant.
Une invitation à se rencontrer
« Le changement commence quand on cesse de se mentir à soi-même. »
Cette phrase rappelle que le premier pas vers une vie plus juste passe par une rencontre. Celle que l’on fait avec soi-même. Sans masque, sans détour.
Une rencontre parfois inconfortable.
Mais nécessaire.
Car c’est seulement à partir de là que quelque chose peut réellement changer.
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