«Voir le stress comme utile est la meilleure manière de le gérer»
Psychologue à l’université Stanford, Kelly McGonigal s’est fait connaître pour ses travaux qui bousculent notre vision traditionnelle du stress. Là où celui-ci est souvent perçu comme un ennemi à éliminer, elle propose une approche radicalement différente : et si le problème n’était pas le stress lui-même, mais la manière dont nous le percevons ?
Cette citation résume parfaitement cette idée. Elle suggère que notre rapport au stress peut transformer profondément ses effets sur notre corps et notre esprit. Autrement dit, ce que nous croyons à propos du stress influence la manière dont nous le vivons.
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Une vision longtemps négative
Pendant des décennies, le stress a été présenté comme un facteur essentiellement nocif.
Associé à la fatigue, à l’anxiété ou aux maladies, il est devenu synonyme de déséquilibre. L’objectif, dans cette logique, consiste à le réduire, voire à l’éliminer.
Cette vision, largement répandue, a contribué à faire du stress une source supplémentaire d’inquiétude. Être stressé devient en soi problématique.
Mais cette approche ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Un signal plutôt qu’un danger
Kelly McGonigal invite à changer de perspective.
Pour elle, le stress n’est pas uniquement un dysfonctionnement. Il peut aussi être un signal. Il apparaît souvent lorsque quelque chose compte pour nous : un enjeu important, une responsabilité, un engagement.
Dans ce sens, le stress peut être interprété comme une mobilisation du corps et de l’esprit face à un défi.
Le cœur s’accélère, l’attention se focalise, l’énergie augmente. Autant de réactions qui, bien comprises, peuvent devenir des ressources.
Le rôle des croyances
Ce qui rend cette approche particulièrement intéressante, c’est le rôle qu’elle accorde à nos croyances.
Percevoir le stress comme dangereux peut amplifier ses effets négatifs. À l’inverse, le voir comme utile peut modifier notre expérience.
Des recherches ont montré que cette relecture du stress peut influencer la manière dont le corps réagit, notamment en réduisant certains effets délétères.
Ainsi, il ne s’agit pas seulement de subir le stress, mais de transformer notre relation à lui.
Apprendre à l’apprivoiser
Changer de regard ne signifie pas nier les difficultés liées au stress.
Il peut rester intense, inconfortable, parfois envahissant. Mais au lieu de chercher systématiquement à le fuir, il devient possible de l’apprivoiser.
Cela passe par une forme d’acceptation : reconnaître sa présence, comprendre ce qu’il signale, et utiliser l’énergie qu’il mobilise.
Dans cette perspective, le stress n’est plus un obstacle, mais un élément avec lequel composer.
Une ressource pour agir
Voir le stress comme utile, c’est aussi lui redonner une fonction.
Il peut devenir un moteur, un indicateur de ce qui a du sens, une source d’énergie pour passer à l’action.
Face à un défi, plutôt que de chercher à éliminer toute tension, il est possible de l’utiliser comme un levier.
Cette approche ne supprime pas l’inconfort, mais elle lui donne une direction.
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Une invitation à changer de posture
La force de cette citation réside dans sa simplicité.
Elle ne propose pas de supprimer le stress, mais de modifier la manière dont nous l’interprétons.
Ce déplacement, en apparence subtil, peut avoir des effets profonds. Il transforme une expérience subie en une expérience potentiellement utile.
Car au fond, comme le suggère Kelly McGonigal, le stress n’est pas toujours le problème.
C’est parfois la manière dont nous le regardons qui fait toute la différence.
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