Pour la première fois en France, un père met en cause la Dépakine pour les troubles de santé de son enfant. Une démarche inédite qui pourrait ouvrir un nouveau front judiciaire dans ce dossier déjà sensible.
Le combat judiciaire autour de la Dépakine franchit une nouvelle étape. Selon une dépêche de l’AFP publiée le 18 mars 2026, un homme a déposé plainte contre X, estimant que les troubles de sa fille pourraient être liés à un traitement qu’il avait lui-même suivi avant la conception.
Ce cas marque une première en France : jusqu’ici, les procédures judiciaires concernaient principalement des mères ayant pris ce médicament pendant leur grossesse.
Une plainte inédite portée par un père
Jean-Marc Laurent, à l’origine de cette plainte, affirme que sa fille de 17 ans souffre de troubles neuro-développementaux sévères qu’il relie à sa propre exposition à la Dépakine avant la grossesse de sa femme.
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Ce médicament, à base de valproate de sodium et commercialisé notamment par le laboratoire Sanofi, est déjà connu pour ses effets graves lorsqu’il est pris par des femmes enceintes. Il a été au cœur d’un vaste scandale sanitaire en France ces dernières années.
Mais cette nouvelle action en justice ouvre une autre piste : celle d’un impact potentiel du traitement pris par le père avant la conception.
Une hypothèse encore débattue scientifiquement
Fin 2025, une étude française a suggéré que la prise de valproate de sodium par le père dans les mois précédant la conception pourrait perturber le développement de l’enfant.
Cependant, cette hypothèse reste discutée. Plusieurs experts estiment que les données disponibles ne sont pas encore suffisantes pour établir un lien de causalité clair ni pour modifier les recommandations médicales.
Dans ce contexte, la plainte déposée vise notamment à obtenir une expertise judiciaire. Celle-ci devra déterminer s’il existe un lien direct entre l’exposition paternelle au médicament et les troubles observés chez l’enfant.
Vers une multiplication des procédures ?
Selon l’avocat des victimes, cette première plainte pourrait être suivie de nombreuses autres. Plusieurs dizaines de familles se seraient déjà manifestées, évoquant des situations similaires.
La présidente de l’association des victimes de la Dépakine (Apesac) affirme avoir été contactée par de nombreux pères ces dernières années, ce qui nourrit les interrogations sur l’ampleur potentielle du phénomène.
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L’objectif, pour les plaignants, est double : faire reconnaître un éventuel lien entre le médicament et les troubles observés, mais aussi obtenir une prise en compte spécifique des “pères Dépakine” dans les dispositifs d’indemnisation existants.
Un dossier toujours sensible
Interrogé, le laboratoire Sanofi rappelle qu’il ne peut pas commenter des situations individuelles. Le groupe souligne néanmoins que des mesures d’information et de réduction des risques ont été mises en place ces dernières années concernant le valproate de sodium.
Du côté des autorités sanitaires, la prudence reste de mise. Le ministère de la Santé évoque la nécessité de poursuivre les échanges et les analyses, dans un contexte où les enjeux scientifiques, juridiques et humains sont étroitement liés.
Une affaire aux conséquences humaines lourdes
Au-delà des aspects juridiques, cette affaire rappelle la réalité vécue par certaines familles confrontées à des troubles sévères chez leurs enfants.
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Pour Jean-Marc Laurent, l’enjeu est aussi personnel que collectif. En engageant cette procédure, il espère faire avancer la reconnaissance de ces situations et éviter que d’autres familles ne se retrouvent confrontées aux mêmes interrogations.
Si la justice venait à établir un lien, même partiel, entre la prise du médicament par le père et les troubles de l’enfant, cela pourrait profondément modifier la compréhension des risques liés à certains traitements.
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