Une vaste étude menée sur plus de 110 000 personnes suivies pendant plus de 30 ans montre que ce n’est pas seulement la quantité de sport qui compte, mais aussi sa diversité. Un argument de plus pour sortir de la routine.
Pendant des années, les recommandations en matière de santé ont insisté sur un objectif simple : bouger plus. Mais une étude de grande ampleur publiée en janvier dans le British Medical Journal vient nuancer cette approche en apportant un éclairage nouveau : la variété des activités physiques pourrait jouer un rôle déterminant dans la longévité, indépendamment du volume global d’exercice .
Basée sur deux cohortes américaines majeures – le Nurses’ Health Study et le Health Professionals Follow-Up Study – cette recherche a suivi plus de 111 000 adultes sur une période allant jusqu’à 30 ans. Résultat : les personnes pratiquant plusieurs types d’activités physiques présentent un risque de mortalité significativement plus faible que celles qui se concentrent sur une seule discipline, même à niveau d’activité équivalent .
Une baisse nette du risque de mortalité
L’étude met en évidence un constat robuste : l’activité physique, quelle qu’elle soit, est associée à une réduction du risque de décès. La marche, la course, le vélo, les sports de raquette ou encore la musculation montrent tous des effets protecteurs, avec des diminutions du risque allant de 10 % à près de 20 % selon les pratiques .
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Mais le point le plus marquant concerne la diversité des activités. Les participants ayant le plus grand éventail de pratiques physiques présentaient un risque de mortalité réduit de 19 % par rapport à ceux ayant la plus faible variété, et ce indépendamment de la quantité totale d’exercice . Les bénéfices s’étendent à plusieurs causes de décès, notamment les maladies cardiovasculaires, les cancers et les pathologies respiratoires.
Pourquoi varier les activités change tout
Ce résultat s’explique en partie par la complémentarité des effets physiologiques. Les chercheurs rappellent que les différentes formes d’exercice n’agissent pas de la même manière sur l’organisme. L’entraînement cardiovasculaire améliore l’endurance et la capacité respiratoire, tandis que la musculation renforce les muscles et la densité osseuse. D’autres activités, comme les sports de coordination ou les exercices fonctionnels, mobilisent des dimensions encore différentes du corps .
Autrement dit, pratiquer uniquement un type de sport, même intensivement, revient à stimuler un nombre limité de systèmes biologiques. À l’inverse, varier les activités permet de solliciter l’ensemble des fonctions physiologiques, avec des bénéfices plus globaux sur la santé.
Des effets qui plafonnent… sauf en diversifiant
Autre enseignement important : les bénéfices de l’activité physique suivent une courbe non linéaire. Au-delà d’un certain seuil, augmenter le volume d’exercice n’apporte plus de gains significatifs en termes de réduction du risque de mortalité .
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En revanche, la diversification des pratiques semble continuer à produire des effets positifs, même lorsque le niveau global d’activité est déjà élevé. Les chercheurs suggèrent ainsi que la variété permettrait d’optimiser les bénéfices sans nécessairement augmenter le temps consacré au sport.
Une approche plus réaliste de l’activité physique
Ces résultats pourraient avoir des implications concrètes dans la manière de concevoir les recommandations de santé publique. Plutôt que de se focaliser uniquement sur le nombre d’heures d’activité physique, il pourrait être pertinent d’encourager une pratique plus variée, adaptée aux préférences et aux capacités de chacun.
L’étude souligne d’ailleurs que les individus qui diversifient leurs activités sont souvent plus engagés sur le long terme, ce qui constitue un facteur clé dans la prévention des maladies chroniques et le maintien d’un bon état de santé avec l’âge .
Une leçon simple : bouger autrement
Au fond, le message est clair : marcher tous les jours est bénéfique, mais ajouter du renforcement musculaire, du vélo ou même des activités plus ludiques pourrait faire la différence sur le long terme. Dans un contexte où la sédentarité reste élevée, cette approche offre une piste accessible pour améliorer durablement sa santé.
Car au-delà de la performance ou de l’intensité, c’est peut-être dans la diversité que se joue une partie essentielle de la longévité.
Source
Han H., Hu J., Lee D.H., et al. Physical activity types, variety, and mortality: results from two prospective cohort studies. The BMJ. https://bmjmedicine.bmj.com/content/5/1/e001513
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