Nutrition

Les Marocains en consomment tous les jours, pourtant cet aliment use l’organisme en silence

Il est sur toutes les tables, à tous les repas ou presque. On le considère comme un incontournable, parfois même comme un symbole de convivialité et de simplicité. Et pourtant, consommé quotidiennement, cet aliment peut, à la longue, déséquilibrer l’organisme bien plus qu’on ne l’imagine.

Le pain blanc occupe une place centrale dans l’alimentation marocaine. Accompagnant les tajines, les soupes, les petits-déjeuners et même certains plats censés être complets, il est souvent perçu comme neutre, rassasiant et sans risque. En réalité, son impact métabolique est loin d’être anodin.


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Fabriqué à partir de farine raffinée, le pain blanc est pauvre en fibres, en vitamines et en minéraux. Lors du raffinage, une grande partie des nutriments naturellement présents dans le grain est éliminée. Il est aussi rapidement digéré, ce qui peut provoquer des variations importantes de la glycémie, un facteur associé à une sensation de fatigue, de fringales et à un risque accru de troubles métaboliques lorsqu’il est consommé régulièrement.

Teneur élevée en sel

Mais un autre aspect est souvent sous-estimé: sa teneur en sel. Le pain, surtout lorsqu’il est consommé à grande échelle comme au Maroc, est l’une des principales sources de sel “caché” dans l’alimentation quotidienne. Une étude menée dans plusieurs boulangeries de Casablanca a montré que la quantité moyenne de sel ajouté lors de la fabrication du pain blanc est d’environ 17,4 g par kilogramme de pâte, ce qui peut représenter 8 à 9 g de sel par jour rien qu’à travers le pain, bien au-delà des recommandations sanitaires.

Or, une consommation élevée de sel est clairement liée à une augmentation de la tension artérielle et à un risque plus grand de maladies cardiovasculaires à long terme. Cet apport excessif peut également provoquer une rétention d’eau, des maux de tête légers ou une sensation de gonflement — des effets souvent interprétés comme banals ou liés au stress.

L’importance de varier

Chez de nombreuses personnes, la combinaison farine raffinée + sel entretient un cercle discret mais bien réel : coup de pompe en fin de matinée, somnolence après le déjeuner, besoin de sucre dans l’après-midi. Le corps tente de compenser, sans que l’on identifie clairement la cause.


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Cela ne signifie pas qu’il faille bannir totalement le pain, ni renier une tradition profondément ancrée. Mais la fréquence, la quantité et la qualité comptent. Réduire les portions, varier avec des pains complets ou moins salés, et redonner au pain son rôle d’accompagnement plutôt que de base du repas peut déjà alléger la charge imposée à l’organisme.

L’enjeu n’est pas de culpabiliser, mais de comprendre. Ce que l’on consomme chaque jour façonne l’énergie, la concentration et même l’humeur. Et parfois, ce ne sont pas les excès visibles qui fatiguent le plus le corps, mais ces habitudes ordinaires, répétées machinalement, sans que l’on y prête attention.

Par quoi le remplacer au quotidien?

Sans supprimer brutalement cet aliment, il est possible de réduire son impact sur la santé en faisant de meilleurs choix:

  • Pain complet… avec vigilance : préférable au pain blanc pour les fibres, mais souvent aussi salé en version industrielle. Mieux vaut un pain complet artisanal ou maison.
  • Pains aux farines semi-complètes (T80, T110) : bon compromis entre goût, digestion et teneur en sel plus maîtrisée.
  • Versions moins salées ou artisanales : elles contiennent en général moins de sodium que les produits industriels standards.
  • Préparations maison : elles permettent de contrôler la quantité de sel et d’éviter les excès invisibles.
  • Herbes et épices à la place du sel : cumin, ail, paprika, thym, curcuma ou ras el hanout rehaussent le goût sans surcharger l’organisme.
  • Alternance avec des aliments bruts : légumes, légumineuses, œufs, poissons frais ou céréales complètes pour rééquilibrer les repas.
  • Sel iodé, mais avec parcimonie : utile en petite quantité, jamais par automatisme.

L’objectif n’est pas d’interdire, mais de désinstaller le réflexe quotidien et de redonner de la place à des choix plus conscients.


Cet article s’appuie sur une sélection d’études scientifiques publiées dans des revues internationales évaluées par des pairs.

Sources 

  1. Jafri A., El-Kardi Y., Derouiche A. (2017). Sodium chloride composition of commercial white bread in Morocco. Eastern Mediterranean Health Journal, 23(10), 708–710.
    https://applications.emro.who.int/EMHJ/v23/10/EMHJ_2017_23_10_708_710.pdf EMRO Dashboards

  2. Burton P.M., Monro J.A., Alvarez L., Gallagher E. (2011). Glycemic Impact and Health: New Horizons in White Bread Formulations. Critical Reviews in Food Science and Nutrition, 51(10), 965–982.
    https://lib3.dss.go.th/fulltext/E_content/1040-8398/2011v51n10.pdf lib3.dss.go.th

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Lina Daoud

About Author

Lina Daoud est journaliste lifestyle pour MieuxVivre.ma, spécialisée en nutrition et sport. Elle décrypte les études, tendances bien-être et conseils pratiques pour aider chacun à adopter un mode de vie plus sain, équilibré et durable. Son approche mêle rigueur journalistique, pédagogie et inspiration au quotidien.

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