Dans un article récemment publié par ce valeureux média, on apprend que les professionnels de la psychologie sont partagés sur l’utilité du time-out, cette pratique éducative qui consiste à isoler brièvement un enfant lorsqu’il se montre particulièrement turbulent. L’idée, en théorie, est simple : offrir à l’enfant un moment de retrait pour qu’il puisse retrouver son calme et rétablir l’équilibre de ses émotions. Une sorte de pause réparatrice avant de revenir dans le monde civilisé des adultes.
Mais comme je vous l’ai dit plus tôt, les spécialistes sont partagés.
Et, à dire vrai, ma femme et moi le sommes tout autant. Enfin… pour être précis, ma femme est partagée avec elle-même, et moi aussi je le suis.
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Car lorsque Tilila décide d’enclencher le mode turbo — ce moment mystérieux où l’énergie d’un enfant de quatre ans semble soudain dépasser celle d’une centrale nucléaire — papa et maman tentent d’abord la voie diplomatique. Nous entamons de longues discussions, presque des négociations internationales, pour désamorcer la crise. Dans ces moments-là, nous préférons la négociation au déclenchement des hostilités.
Mais, comme je l’expliquais déjà dans ma précédente chronique, cette stratégie ne fonctionne pas toujours.
Alors, parfois, il nous arrive d’utiliser le fameux time-out.
« Comme ça tu auras le temps de réfléchir à ce que tu as fait », lui disions-nous autrefois avec une assurance toute pédagogique. Jusqu’au jour où nous avons appris, dans un livre ou un article bien intentionné, qu’il ne fallait surtout pas utiliser ces mots-là. Ils seraient contre-productifs, paraît-il.
Depuis, nous avons ajusté la formule. Désormais, nous nous contentons d’un sobre :
« Va te reposer un peu. »
Mais avec Tilila, il y a toujours un mais.
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Car très vite arrive le moment du regret. Ou du remords. Appelez cela comme vous voulez.
Quand vous entendez une petite voix tremblante dire :
« Je suis déééésolée… je ne recommenceraiiiiiis plus ça de toute ma vieeeee… »
Je vous mets au défi d’avoir la froideur de Margaret Thatcher pour répondre, impassible : There is no alternative.
La vérité, c’est qu’au bout de trente secondes à peine, nous nous dégonflons.
Nous la « libérons ».
Et comme vous vous y attendez probablement…
Elle recommence de plus belle.
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