À Casablanca, un nouveau centre tente de réunir sous un même toit nutrition, psychologie et développement humain. Une approche globale, encore rare au Maroc, qui part d’un postulat simple: on ne soigne pas un corps sans s’intéresser à ce qui se passe dans la tête.
Il y a des projets qui ne ressemblent à rien de ce qu’on connaît déjà. Al Warachate en fait partie.
Né de l’initiative du Dr Fathi Berrada et de son épouse, ce centre casablancais dérange un peu les catégories habituelles. Ce n’est pas tout à fait un cabinet médical, pas vraiment un centre de bien-être, pas non plus une école de développement personnel; et pourtant, il touche à tout ça à la fois.
Le Dr Berrada est médecin de formation, mais ses conversations ont vite l’air d’autre chose. Il parle peu de calories ou de régimes. Il parle plutôt de blessures invisibles, de solitude, d’image de soi, de pression sociale. Pour lui, quand quelqu’un mange trop ou pas assez, il y a presque toujours une histoire derrière. Une histoire qu’aucun tableau nutritionnel ne suffit à raconter.
Nutrition et Psychosociologie
De cette conviction est né le programme « Nutrition et Psychosociologie », développé avec la nutritionniste Maria Benjelloun. L’idée centrale : on ne mange pas qu’avec l’estomac. On mange aussi avec ses émotions, son passé, les regards des autres. Couper ce lien-là, c’est passer à côté de l’essentiel.
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Concrètement, les personnes qui poussent la porte d’Al Warachate ne repartent pas simplement avec une liste d’aliments à éviter. Elles bénéficient d’un bilan nutritionnel, certes, mais aussi d’un accompagnement psychosociologique, d’un suivi émotionnel, d’une attention portée à leur quotidien dans son ensemble. Les troubles alimentaires, le stress, le mal-être diffus, les kilos qui s’installent sans raison apparente. Tout cela est abordé comme un tout, pas comme des problèmes séparés à traiter en silos.
Dans un pays où parler de santé mentale reste encore délicat, cette ouverture-là n’est pas anodine.
Arts et culture
Mais le projet ne s’arrête pas à la nutrition. Al Warachate propose aussi des ateliers destinés aux jeunes, centrés sur ce qu’on appelle les soft skills, cette boîte à outils humaine que les cursus classiques ont longtemps ignorée : savoir communiquer, gérer ses émotions, travailler en groupe, faire confiance. À travers des mises en situation, des projets collectifs, de l’expression corporelle, le centre essaie de former des gens capables non seulement de trouver leur place dans le monde du travail, mais aussi de s’y sentir bien.
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« Les compétences techniques peuvent ouvrir des portes, mais les compétences humaines permettent de les garder ouvertes. » La formule est dans les documents du centre. Elle résume assez bien l’état d’esprit de l’endroit.
Al Warachate s’adresse aux jeunes, aux étudiants, aux associations, aux gens en reconversion. À tous ceux, en somme, qui sentent que quelque chose cloche mais ne savent pas très bien où mettre le doigt.
Dans un Maroc qui change vite (socialement, culturellement, psychologiquement) ce genre d’espace manquait peut-être. L’accueil que recevra ce projet dira beaucoup sur l’état de nos besoins réels, ceux qu’on n’ose pas toujours formuler.
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