Entre défaites européennes, joie locale et petits soleils du quotidien, cette chronique oscille entre ironie, passion et introspection. Une semaine sans grand bouleversement, mais pleine de ces moments discrets qui, mis bout à bout, dessinent une forme de bonheur — et rappellent que le football, comme la vie, avance aussi dans l’ordinaire.
Cette semaine, je commence par les condoléances.
Sincères. Chaleureuses. Légèrement amusées.
À mes copains du Barça.
À mes copains du Real.
La Ligue des Champions, ce sera pour une prochaine fois.
Ou la fois d’après.
Ou celle d’après encore.
Vous survivrez.
Vous avez survécu à pire.
Et quelque part dans votre douleur de supporters, il y a un fond de fierté qui tient.
Même les grandes histoires ont leurs mauvais chapitres.
Mais il y a une joie cette semaine que je veux nommer.
Clairement. Sans détour.
L’AS FAR.
Quelle saison, les copains.
Quelle saison.
Il y a des clubs qu’on suit comme on suit la météo — parce qu’ils sont là, familiers, prévisibles.
Et il y a des clubs qui te rappellent pourquoi tu aimes ce sport.
Cette année, l’AS FAR m’a rappelé.
Et ce n’est pas rien.
Vivre une telle saison à leurs côtés, même depuis un écran, même depuis les tribunes du cœur, c’est un cadeau.
Ces joies-là, on les range précieusement.
On y revient les jours gris.
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Et puis il y a la Botola en général.
Elle est devenue folle.
Folle et belle.
Imprévisible comme elle ne l’a pas été depuis longtemps.
Il se passe quelque chose dans le football marocain.
Quelque chose qu’on ne sait pas encore nommer précisément.
Mais on le sent.
Ce frémissement.
Cette densité nouvelle.
Comme une saison qui décide enfin de prendre au sérieux ce qu’elle a à offrir.
Je ne connais personne à la Fédération.
Personne.
Pas un attaché de presse. Pas un stagiaire. Pas un cousin d’un cousin.
Mais si quelqu’un lit ces lignes un jour — par hasard, par curiosité, par miracle — j’ai quelque chose à dire.
Un seul sujet.
Les droits télévisés.
Parce que le football marocain mérite d’être vu.
Pas seulement ici.
Partout où il y a un Marocain qui cherche un score un samedi soir.
Partout où il y a une diaspora qui voudrait suivre sa Botola comme elle suit la Premier League.
ESPN pour les États-Unis.
Une chaîne canadienne pour le Canada.
Des chaînes régionales pour l’Europe, pour le Moyen-Orient, pour l’Afrique.
Pas BeIN en exclusivité mondiale.
Non.
Une chaîne par territoire, une vraie présence, une vraie stratégie.
Ce n’est pas un rêve de journaliste sportif.
C’est une rentrée financière concrète pour nos clubs.
C’est la différence entre un football qui survit et un football qui se développe.
Et nos clubs méritent de se développer.
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Mais cette semaine, je ne veux pas m’arrêter trop longtemps sur ce qui manque.
Parce que cette semaine est une semaine de soleil revenu.
De joie retrouvée.
De quelques maux, oui — parce que la vie ne signe pas de trêve totale — mais surtout de quelques mots bien placés, d’échanges qui réchauffent, de matins qui commencent mieux qu’ils ne finissaient il y a peu.
Il m’arrive de ne pas savoir quoi partager.
De regarder la page et de me dire : cette semaine, il ne s’est rien passé de grand.
Pas de révélation.
Pas de métaphore parfaite.
Pas de leçon emballée proprement.
Juste une semaine ordinaire avec ses joies ordinaires.
Et j’ai appris — lentement, avec résistance — que c’est suffisant.
Que l’ordinaire joyeux est une forme de richesse qu’on sous-estime.
Qu’on n’a pas besoin de traversée difficile pour avoir quelque chose à dire.
Parfois, on a juste à dire :
cette semaine, j’étais bien.
Le soleil est revenu.
L’AS FAR a gagné.
Les copains du Barça survivront.
Et moi, j’avance.
Keep the joy.
Pas comme un slogan.
Comme une décision quotidienne.
La joie ne se garde pas toute seule.
Elle demande qu’on y fasse attention.
Qu’on ne la banalise pas quand elle arrive.
Qu’on lui fasse une place à table.
Qu’on résiste à l’habitude de la minimiser — “c’est pas grand-chose”, “ça durera pas”, “j’ai pas vraiment le droit d’être heureux quand…”
Si.
Tu as le droit.
Pleinement.
Sans conditions.
À la semaine prochaine.
Avec, je l’espère, le même soleil.
Et quelques buts de plus à l’AS FAR.
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