Bouger plus protège-t-il vraiment contre la démence? Une vaste étude publiée le 9 mars dans la revue scientifique The Lancet Healthy Longevity apporte un éclairage plus nuancé sur le rôle de l’activité physique dans la prévention d’Alzheimer.
Depuis plusieurs années, les médecins répètent le même conseil: rester actif physiquement pour protéger son cerveau. De nombreuses études ont en effet suggéré qu’une activité physique régulière pourrait réduire le risque de démence et de maladie d’Alzheimer.
Mais une nouvelle recherche publiée le 9 mars 2026 dans The Lancet Healthy Longevity suggère que la relation entre activité physique et démence pourrait être plus complexe qu’on ne le pensait.
Une étude menée pendant plusieurs années
Les chercheurs ont analysé les données de 972 personnes âgées vivant aux États-Unis, suivies dans le cadre du programme scientifique Rush Memory and Aging Project.
L’âge moyen des participants était d’environ 80 ans. Leur activité physique a été mesurée à l’aide de capteurs portés au poignet pendant plusieurs jours, ce qui permettait d’enregistrer leurs mouvements quotidiens de manière objective, sans dépendre de questionnaires ou de déclarations des participants.
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Au cours du suivi, 286 personnes ont développé une démence, généralement diagnostiquée comme une maladie d’Alzheimer.
Les scientifiques ont alors étudié l’évolution de l’activité physique chez ces participants au fil des années.
Une activité physique associée à un risque plus faible
Les résultats montrent qu’en moyenne, les personnes les plus actives physiquement avaient un risque plus faible de développer une démence.
Les analyses indiquent qu’un niveau d’activité physique plus élevé était associé à une réduction d’environ 22 % du risque de démence dans l’étude.
Ces observations confirment donc l’idée que l’activité physique pourrait jouer un rôle protecteur pour le cerveau.
Mais l’étude apporte une précision importante.
Un effet surtout visible juste avant l’apparition de la maladie
En analysant les données sur plusieurs années, les chercheurs ont constaté que la relation entre activité physique et démence était beaucoup plus forte dans les années précédant le diagnostic.
En réalité, la différence d’activité physique entre les personnes qui allaient développer une démence et les autres n’apparaissait clairement qu’environ deux ans avant le diagnostic.
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Autrement dit, les personnes qui allaient être diagnostiquées avec une démence avaient tendance à devenir moins actives physiquement peu de temps avant l’apparition des symptômes cliniques.
Cette observation soulève une question importante : l’activité physique protège-t-elle réellement contre la démence, ou la baisse d’activité est-elle déjà un signe précoce de la maladie ?
Une relation plus complexe qu’on ne le pensait
Les chercheurs ont exploré cette hypothèse en analysant différents facteurs, notamment les performances cognitives initiales des participants.
Leurs résultats suggèrent que la baisse d’activité physique ne s’explique pas uniquement par les premiers signes de la maladie. L’activité physique pourrait réellement contribuer à renforcer la résistance du cerveau face aux processus neurodégénératifs.
Les scientifiques évoquent notamment le rôle possible de certains mécanismes biologiques. L’exercice physique pourrait favoriser la formation de nouvelles connexions entre les neurones et stimuler la production de molécules protectrices pour le cerveau.
Un facteur de protection… mais pas une solution miracle
Les auteurs de l’étude restent toutefois prudents. Selon eux, l’activité physique pourrait surtout jouer un rôle dans les années proches de l’apparition de la maladie, plutôt que des décennies auparavant.
Cela signifie que l’exercice physique reste bénéfique pour la santé globale, mais qu’il ne constitue probablement pas à lui seul une garantie contre la démence.
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D’autres facteurs — comme l’alimentation, la stimulation intellectuelle, les interactions sociales ou la santé cardiovasculaire — pourraient également jouer un rôle important dans la prévention.
Une piste importante pour la santé publique
Même si cette étude ne répond pas à toutes les questions, elle confirme l’importance de l’activité physique pour le vieillissement en bonne santé.
Dans un contexte où la démence touche des millions de personnes dans le monde et où les traitements restent limités, comprendre comment les habitudes de vie influencent le cerveau reste un enjeu majeur de santé publique.
Les chercheurs estiment désormais que de futures études devront déterminer à quel moment de la vie l’activité physique est la plus efficace pour protéger le cerveau.
Source scientifique
Oveisgharan S., et al. “Repeated measures of physical activity before dementia diagnosis.” The Lancet Healthy Longevity, publié le 9 mars 2026.
Lire l’étude dans The Lancet Healthy Longevity
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