Depuis 2018, le Maroc a fait le choix de maintenir l’heure d’été (GMT+1) toute l’année, y compris en hiver. Si cette décision visait à “mieux aligner le pays sur ses partenaires économiques” et à “optimiser la consommation d’énergie”, elle continue de susciter débat, notamment sur le plan de la santé et du bien-être. Car notre organisme, lui, ne s’adapte pas toujours aussi vite que les horloges.
Un décalage qui perturbe l’horloge biologique
Notre corps fonctionne selon un rythme circadien, une horloge interne réglée sur l’alternance naturelle du jour et de la nuit.
Le maintien du GMT+1 fait que le soleil se lève plus tard, surtout en hiver, parfois après 8h30 dans certaines régions.
Résultat : les Marocains se lèvent, travaillent et étudient dans l’obscurité, ce qui perturbe la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.
Sommeil perturbé, fatigue et irritabilité
Les effets sont souvent invisibles mais réels :
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Difficulté à s’endormir le soir, surtout chez les enfants et adolescents ;
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Réveil plus difficile et sensation de fatigue persistante ;
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Diminution de la concentration et de la vigilance matinale ;
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Irritabilité, sautes d’humeur, voire légère baisse du moral en hiver.
Les études menées dans plusieurs pays confirment que le manque de lumière matinale favorise la somnolence diurne et peut influencer la sécrétion de cortisol, l’hormone du stress.
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Les enfants et adolescents, les plus touchés
Les élèves marocains commencent souvent les cours avant 8h du matin, donc dans le noir complet une grande partie de l’hiver.
Leur rythme veille-sommeil est décalé, et leur niveau d’attention en début de journée en pâtit.
Des enseignants et médecins scolaires observent une baisse de concentration et une fatigue accrue durant les premiers mois de l’année scolaire.
Des solutions pour mieux s’adapter
Même si le changement d’heure est acté, certaines habitudes peuvent limiter les effets négatifs :
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S’exposer à la lumière naturelle dès le réveil (ouvrir les rideaux, marcher dehors quelques minutes).
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Éviter les écrans avant le coucher pour ne pas perturber davantage la mélatonine.
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Respecter des horaires fixes de sommeil, même le week-end.
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Favoriser un dîner léger et sans excitants (thé, café, sucre).
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Pour les enfants, prévoir un lever plus doux et progressif, dans une chambre bien éclairée artificiellement.
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Vivre à l’heure d’été permanente, c’est vivre avec un léger décalage entre le rythme social et le rythme biologique naturel.
Si certains s’y habituent sans peine, d’autres en ressentent la fatigue saisonnière.
Le secret d’un bon équilibre : écouter son corps, multiplier les expositions à la lumière du jour et préserver un sommeil de qualité.
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