Entre tensions géopolitiques et inquiétudes climatiques, difficile pour un père de ne pas s’interroger sur le monde que connaîtra sa fille. Une chronique intime, entre lucidité et espoir.
Trump a décidé, fin février, contre toute logique géostratégique, d’entrer en guerre contre l’Iran. Vous me direz : qu’est-ce que cela a à voir avec une chronique qui raconte les pérégrinations d’un papa avec sa fille de cinq ans ? Eh bien, ça m’angoisse.
Ça m’angoisse de voir le monde partir en cacahuètes, de constater que l’avenir est devenu plus incertain que jamais, et que ceux qui gouvernent notre planète semblent parfois déconnectés de toute forme de rationalité.
Quel monde ces gens-là vont-ils laisser à une petite fille de cinq ans ?
Ce qu’il se passe aujourd’hui n’incite pas franchement à l’optimisme. Depuis 2020, nous avons traversé une succession de crises : le Covid, la guerre en Ukraine, la guerre à Gaza, et maintenant une nouvelle escalade avec l’Iran. Plus près de chez nous, nous vivons aux côtés d’un régime gonflé aux hydrocarbures, imprévisible, parfois irrationnel, avec lequel on peut s’attendre à tout.
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En Europe, ce n’est guère plus rassurant. Le vieux continent semble parfois s’enfermer dans le repli, la peur de l’autre et une forme de fatigue collective. Quant à l’Amérique… difficile de ne pas y voir une puissance en perte de repères.
Moi qui voulais que Tilila grandisse dans un monde ouvert, moi qui rêvais pour elle de parcourir et découvrir les cultures riches et multiples de ce qu’on appelait autrefois le monde « civilisé ». Aura-t-elle cette chance ? Et surtout, dans quelles conditions ? Dans un monde apaisé ? Sans guerre, sans tensions permanentes ?
Aura-t-elle la possibilité de respirer un air encore pur, de grandir au contact d’une nature préservée, d’une biodiversité vivante et généreuse ?
Et puis, il y a ces moments, tout simples.
Comme ce matin, quand elle m’a demandé pourquoi le ciel était bleu. Ou hier soir, quand elle a insisté pour que je lui lise « encore une histoire ». Dans ces instants-là, le monde semble soudain redevenir à hauteur d’enfant. Plus lent. Plus doux. Presque normal.
Et je me demande si, au fond, ce n’est pas là que tout se joue.
Parce que malgré tout, malgré les guerres, les crises, les absurdités du monde adulte, il reste encore cet espace fragile que nous pouvons protéger : celui de l’enfance.
Je ne peux pas changer la marche du monde. Je ne peux pas empêcher les conflits, ni corriger les dérives des puissants. Mais je peux, à mon échelle, lui offrir des repères. De la curiosité plutôt que de la peur. De l’ouverture plutôt que du repli. De la beauté, aussi, autant que possible.
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Je peux lui apprendre à regarder le monde autrement que par le prisme de l’angoisse.
Peut-être que c’est ça, être parent aujourd’hui: naviguer entre lucidité et espoir. Ne pas mentir sur la réalité, mais refuser qu’elle écrase tout.
Alors oui, j’ai peur. Mais j’essaie aussi de croire que tout n’est pas joué.
Et que dans les questions d’une enfant de cinq ans, dans sa capacité à s’émerveiller, à rire, à inventer… il y a peut-être encore une manière de réparer, un peu, ce monde qui vacille.

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