Journal d'un père (presque) ordinaire

Journal d’un père (presque) ordinaire. Est-il responsable de faire un enfant?

Dans un monde traversé par les crises écologiques, économiques et morales, la question de la parentalité ne va plus de soi. Faire un enfant aujourd’hui relève-t-il de l’égoïsme ou, au contraire, d’un acte de responsabilité et de transmission face à l’avenir ?

Aujourd’hui, parlons de choses sérieuses.

A-t-on raison de faire des enfants ? La question peut déranger, mais elle mérite d’être posée. Je ne fais pas partie de ceux qui prônent l’arrêt de la procréation humaine. Je reste, au fond, assez darwinien : une espèce vit parce qu’elle se transmet. Mais plus qu’hier, cette question mérite d’être interrogée, ne serait-ce que pour réfléchir au monde dans lequel nous faisons naître nos enfants.


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Je me souviens d’une discussion, il y a longtemps, avec un couple d’amis, Omar et Zineb. Zineb soutenait qu’il n’y avait rien de plus égoïste que de faire un enfant. Selon elle, donner la vie relevait avant tout d’un acte narcissique : satisfaire son désir de transmission sans vraiment considérer le contexte historique, social et environnemental dans lequel ce nouveau-né allait grandir. Elle évoquait un monde en crise — écologique, économique, morale — et s’interrogeait sur le sens qu’il y avait à y ajouter une existence de plus.

Pour lui répondre, je lui avais opposé un argument presque brutal. Si tous ceux qui réfléchissent, qui doutent, qui se posent des questions décidaient de ne plus faire d’enfants, alors en 2050, la planète serait peuplée essentiellement par les descendants de ceux qui ne se posent aucune question. De ceux qui se moquent du climat, des inégalités, du futur. En renonçant à faire des enfants par lucidité ou par fatigue morale, nous laisserions le monde se façonner sans nous, abandonné à ceux qui n’ont ni scrupules ni conscience.


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Au fond, le vrai égoïsme n’est peut-être pas de faire un enfant, mais de renoncer à transmettre autre chose que le chaos. Faire un enfant aujourd’hui n’est pas un acte innocent ni léger : c’est un pari. Le pari qu’en dépit de tout, il vaut encore la peine d’enseigner, de protéger, de transmettre des valeurs, et de croire que le monde peut être un peu meilleur que celui que nous avons reçu.

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Ryad Mabsout

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