Tous les matins, c’est la même bataille. Entre un enfant arraché au sommeil, des parents à bout de nerfs et une civilisation qui commence trop tôt, la routine scolaire se transforme en épreuve quotidienne. Chronique ordinaire d’un chaos matinal.
C’est l’horreur.
Ça crève le cœur.
Tous les matins, c’est la même rengaine. Comment expliquer à Tilila que la civilisation a inventé un endroit où l’on parque des enfants dès le petit matin, avant même que le soleil ne se lève ? Et sans parler des températures en cette période hivernale.
Elle n’y comprend rien. Elle, ce qu’elle souhaite, c’est rester au lit, bien au chaud, poursuivre ses pérégrinations oniriques. Mais non. Elle est obligée de subir cette torture matinale, parfaitement incompatible avec le développement biologique d’un petit mammifère.
Et je ne vous raconte même pas la veille, au moment de l’endormissement. Quelle galère.
« Viens, on va te raconter une histoire » par-ci, « viens, on va te chanter une chanson » par-là. Elle n’en a cure. Entre s’allonger sur un lit et courir dans les quatre coins de l’appartement, le choix est vite fait. Et elle le fait savoir sans détour :
« J’AI PAS SOMMEIL. »
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Face à son refus d’obtempérer, matin et soir, on se retrouve contraints d’utiliser la manière forte : éteindre toutes les lumières de la maison. Une solution étonnamment efficace puisque, ni une ni deux, elle fonce vers sa chambre, de peur de croiser le fameux fantôme.
Et le matin ? Ah, le matin…
On rallume toutes les lumières. Je ne vous dis pas le concert de cris qui résonne aussitôt entre les murs. Il faut alors passer par quatre mille tentatives pour la convaincre de sortir du lit. Ensuite, lui faire avaler un semblant de petit-déjeuner. Mais le plus dur reste à venir : l’habiller, alors qu’il fait dix degrés.
Voilà le stress quotidien que vivent les parents et dont on parle si peu. Je vous assure que c’est pénible. Oubliez la routine matinale avec cinq minutes de méditation en pleine conscience. La pleine conscience n’a pas lieu d’être quand vous avez un enfant de cinq ans qui doit aller à l’école. Ici, c’est la pleine réalité, en pleine figure, qui s’impose.
Après quarante-cinq minutes de souffrance, de négociations et de calme olympien que nous nous imposons — nous, parents — pour ne pas perdre les pédales, on finit tant bien que mal par sortir gagnants de cette lutte matinale.
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Mais ce n’est pas terminé.
Parce qu’il faut arriver à l’heure à l’école. Et au moment de descendre au garage, je réalise que je ne me suis ni préparé correctement, ni rasé, ni mangé. Mais ça, c’est devenu secondaire.
Tant pis. Direction l’école. Il est 8 h 15, nous sommes déjà en retard. En arrivant devant l’établissement, je gare la voiture en double file. J’accompagne ma fille jusqu’à sa classe tout en signant le mot de retard — car oui, nous arrivons souvent en retard.
Et au retour, cerise sur le gâteau, un policier me tend une contravention pour stationnement interdit.
Quel bonheur.
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