À l’ère où les réseaux sociaux façonnent nos opinions et nos émotions, TikTok est devenu un espace où la santé mentale se raconte, se partage, mais aussi… se déforme.
Une récente étude publiée dans le Journal of Medical Internet Research s’est penchée sur ce phénomène de désinformation en santé mentale, en analysant 1 000 vidéos issues de 16 pays en anglais, français et espagnol.
L’objectif : comprendre comment les informations relatives à la santé mentale circulent, qui les produit et dans quelle mesure elles sont fiables. Les chercheurs ont examiné le fil « For You » de TikTok — celui que voient surtout les utilisateurs — afin d’évaluer la présence d’erreurs ou de fausses affirmations, qu’elles soient intentionnelles (désinformation) ou non (mésinformation).
Chiffres marquants
- Sur les 1 000 vidéos analysées, 6,30 % (63 vidéos) ont été identifiées comme contenant de la désinformation.
- 15,70 % (157 vidéos) contenaient de la mésinformation (information erronée partiellement ou non intentionnelle).
- Langues : 830 vidéos (83 %) en anglais, 108 (10,8 %) en français, 62 (6,2 %) en espagnol.
- Sujets les plus touchés par la désinformation : troubles neurodéveloppementaux (TDAH, autisme), troubles de la personnalité, psychoses, suicide et traitement.
- Profil des auteurs : 471 vidéos (47,1 %) présentaient un auteur sans titre professionnel indiqué.
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Ces données montrent que même sur un échantillon modéré, une proportion non négligeable de contenus relatifs à la santé mentale peut être trompeuse ou incomplète. Pour la société, cela pose un défi : comment s’appuyer sur la viralité des réseaux pour la diffusion de bons messages sans tomber dans l’écueil de l’approximation ?
Ce que cela signifie pour le grand public et les professionnels
Pour les professionnels de la santé mentale, cette étude pose des repères : lorsque la cible est “grand public”, le risque de désinformation augmente. Les auteurs recommandent aux créateurs de vidéos : préciser dès le début l’audience visée, indiquer clairement ses compétences, s’appuyer sur des sources factuelles, éviter des généralisations simplistes surtout sur des sujets complexes.
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Pour le public, cela invite à adopter un regard critique : une vidéo populaire ne garantit pas sa fiabilité ; un like ou un partage ne valent pas un avis professionnel. Un principe simple : si cela paraît trop “miracle”, trop “général”, trop “rapide”, il y a peut-être matière à vérifier.
En conclusion
Cette étude est un signal : le bien-être numérique inclut non seulement notre usage des réseaux, mais surtout la qualité de l’information à laquelle nous nous exposons. Pour une plateforme comme TikTok — et plus largement pour tout contenu santé en ligne — l’enjeu dépasse le nombre de vues : il s’agit de vérité, de nuance et de responsabilité.
Par Leila Zizi
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