Santé

Antidépresseurs: une étude révèle un impact métabolique plus important qu’on ne le pensait

Les antidépresseurs sont aujourd’hui parmi les médicaments les plus prescrits dans le monde. S’ils demeurent essentiels pour soigner la dépression et l’anxiété, une récente méta-analyse britannique publiée dans The Lancet vient bouleverser certaines certitudes : leurs effets sur le corps, notamment sur le métabolisme, seraient plus significatifs qu’imaginé.

Des effets physiques mesurables dès huit semaines de traitement

L’étude, menée par le King’s College de Londres, a analysé les résultats de 151 essais cliniques et 17 rapports de la FDA, incluant plus de 58 000 participants. En comparant 30 antidépresseurs à un placebo sur une période moyenne de huit semaines, les chercheurs ont observé des modifications notables du poids, du taux de cholestérol, de la glycémie, de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle.

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Certains médicaments entraînaient une prise de poids moyenne de 2 kg, tandis que d’autres provoquaient une perte d’environ 2,5 kg. La fréquence cardiaque, elle, pouvait varier de –8 à +14 battements par minute selon la molécule. Ces écarts, loin d’être anodins, sont particulièrement préoccupants pour les patients souffrant de troubles cardiovasculaires.

Cholestérol, glycémie et tension : des différences marquées

L’étude révèle aussi que certaines molécules — comme la paroxétine, la venlafaxine ou la duloxétine — sont associées à une élévation du cholestérol total et de la glycémie. D’autres, à l’inverse, ont des effets plus neutres, voire bénéfiques, selon les profils de patients.

Ces résultats mettent en évidence une réalité complexe : tous les antidépresseurs n’agissent pas de la même manière sur le corps, et leur impact dépasse la simple régulation de l’humeur.

Vers une prescription plus personnalisée

Les auteurs appellent à repenser la manière de prescrire ces traitements. L’efficacité clinique ne devrait plus être le seul critère de choix : les paramètres métaboliques, le poids ou la santé cardiaque du patient doivent désormais être pris en compte.

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Ainsi, chez une personne en surpoids ou diabétique, un antidépresseur à effet neutre sur la glycémie ou la tension artérielle serait à privilégier. À l’inverse, une personne maigre ou hypotendue pourrait bénéficier d’un médicament différent.

Un outil d’aide à la décision pour les médecins

Pour faciliter cette personnalisation, les chercheurs ont créé un outil en ligne gratuit, le Psymatik Treatment Optimizer, qui permet aux praticiens et patients de comparer les antidépresseurs selon leurs effets secondaires et priorités de santé.

Cette étude du King’s College London publiée dans The Lancet (source) met en lumière un enjeu souvent sous-estimé : les antidépresseurs influencent le métabolisme plus qu’on ne le pensait. Elle invite à une médecine plus fine, plus individualisée, où le bien-être mental ne se ferait plus au détriment de la santé physique.

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Benoît Bonifacy

About Author

Benoît Bonifacy est journaliste spécialisé en santé et psychologie pour MieuxVivre.ma. D’origine corse et amoureux du Maroc, il analyse les études scientifiques et décrypte les enjeux émotionnels modernes pour aider les lecteurs à mieux comprendre leur santé mentale.

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