Présent naturellement dans l’environnement mais amplifié par les activités humaines, le cadmium s’invite dans notre alimentation à faible dose. Problème: à long terme, cette exposition chronique inquiète de plus en plus les agences sanitaires.
Lorsque l’on parle de résidus dans l’alimentation, le mot peut sembler abstrait. Pourtant, derrière lui se cachent des substances bien réelles, parfois invisibles, qui s’accumulent silencieusement dans l’organisme. Le cadmium fait partie de celles qui retiennent aujourd’hui l’attention des autorités sanitaires, en Europe comme ailleurs.
Qu’est-ce que le cadmium?
Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans la croûte terrestre. Il se retrouve dans les sols, l’eau et l’air. Mais sa présence dans l’environnement a été amplifiée par les activités humaines: industrie métallurgique, combustion d’énergies fossiles, trafic routier, usage d’engrais phosphatés en agriculture.
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Une fois libéré dans l’environnement, le cadmium peut contaminer les sols agricoles. Les plantes l’absorbent, puis il entre dans la chaîne alimentaire. À faibles doses, il ne provoque aucun symptôme immédiat. Le problème est ailleurs: il s’accumule lentement dans l’organisme, notamment dans les reins et le foie.
Pourquoi parle-t-on d’un risque sanitaire?
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses), l’exposition alimentaire au cadmium reste « trop élevée pour une partie de la population ». Même si les concentrations moyennes ont diminué ces dernières années, certains aliments contribuent encore fortement à l’exposition globale.
Le cadmium est classé cancérogène avéré pour l’être humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il est également associé à des atteintes rénales, à une fragilisation osseuse et à un risque accru de maladies cardiovasculaires en cas d’exposition chronique.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que l’exposition alimentaire constitue la principale source d’exposition pour les non-fumeurs. La fumée de cigarette représente d’ailleurs un facteur aggravant important.
Où le retrouve-t-on dans l’alimentation ?
Les principales sources alimentaires identifiées sont:
- les produits à base de céréales (pain, pâtes, biscuits, viennoiseries),
- certaines pommes de terre et légumes,
- les mollusques et crustacés pour les consommateurs réguliers,
- le chocolat, sujet d’inquiétudes récentes en raison de la contamination possible des fèves de cacao.
Le cadmium n’est pas ajouté volontairement aux aliments. Il y parvient via la contamination des sols et de l’eau. Les légumes racines et les céréales y sont particulièrement sensibles.
Il est essentiel de souligner que ces aliments ne deviennent pas « dangereux » en soi. Le risque dépend de la quantité consommée et de l’exposition globale.
Une inquiétude à replacer dans le contexte marocain
Au Maroc, la question des métaux lourds dans l’alimentation concerne principalement la qualité des sols, l’usage des engrais et le contrôle des importations. Les autorités sanitaires procèdent à des contrôles réguliers, mais la vigilance reste de mise, notamment pour les produits importés ou issus de zones agricoles exposées à des contaminations industrielles.
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L’enjeu n’est pas de susciter l’angoisse, mais de rappeler que la sécurité alimentaire est un travail permanent de surveillance et d’ajustement.
Comment limiter l’exposition?
Les experts rappellent un principe simple : la diversité alimentaire réduit le risque de surexposition à une substance spécifique.
Il est recommandé de:
- varier les sources de céréales,
- diversifier les légumes et les origines d’approvisionnement,
- maintenir une alimentation équilibrée,
- éviter l’excès d’aliments ultra-transformés,
- et, bien sûr, ne pas fumer.
Les autorités sanitaires insistent également sur la nécessité de poursuivre les efforts en amont : amélioration des pratiques agricoles, réduction des rejets industriels et contrôle renforcé des denrées alimentaires.
Faut-il s’inquiéter?
Le cadmium illustre un phénomène plus large : notre exposition quotidienne à de multiples contaminants à faibles doses. Les agences sanitaires parlent d’exposition chronique, non de toxicité aiguë immédiate.
Comme le rappellent de nombreux spécialistes, « la dose fait le poison ». Aucun aliment n’est intrinsèquement « bon » ou « mauvais ». C’est l’accumulation, dans le temps, qui peut poser problème.
L’objectif n’est donc pas d’exclure des catégories d’aliments, mais d’encourager un équilibre global, une surveillance continue et des politiques publiques exigeantes.
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