Chroniques d’une métamorphose inversée

Chroniques d’une métamorphose inversée. On appelle ça “gagner sa vie”

Azzouz Said écrit depuis un entre-deux. Entre ce qui se calcule et ce qui se tait, entre les jours qui s’enchaînent et les failles qu’on dissimule. Ses chroniques s’adressent à celles et ceux qui doutent sans renoncer, qui avancent sans certitude, et qui savent que la lucidité n’exclut ni la tendresse, ni la poésie.

Je travaille en pleurant.

Pas toujours avec des larmes visibles (mis sur le compte de la fatigue des yeux ou des diverses allergies).
Parfois juste avec le cœur qui bat trop fort.
Avec une respiration courte, tendue, comme si chaque matin était une audition pour continuer à exister.

Tous les jours, en allant au travail,
j’ai l’impression que je joue ma vie.
Pas ma carrière.
Ma vie.


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La poitrine serrée.
Le souffle qui se dérègle.
Le corps en alerte maximale, comme si le danger était permanent.

Mais que faire ?
J’ai des responsabilités.
Je dois payer.

Payer.
C’est là que le mot devient sale.

Payer de sa sueur.
De son sang.
Parfois de son âme.

On appelle ça “gagner sa vie”,
alors qu’on la grignote un peu chaque jour.

Bref.
Oublions ces conneries.

Concentrons-nous sur le foot.

Des beaux stades.
Pas trop remplis.
Un jeu pas encore sublime, mais ça va.
Il y a encore de la place pour l’imprévu.
Pour le raté.
Pour l’humain.


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Et puis dans sept jours,
une nouvelle année.

Alors on sèche nos larmes.
Ou pas.

On regarde cette année de merde droit dans les yeux
et on se dit qu’on va quand même faire au moins une chose qui nous fait du bien.

Pour moi, ce sera rouler.
Cinq heures sur autoroute.
Seul.

Pour le TDAH que je suis,
c’est la seule chose qui calme le bruit.
Le mouvement constant.
La route qui défile.
La pensée qui se range toute seule, sans effort.

Et puis, comme si de rien n’était,
on remet le masque.

Le poker face habituel.
On répond en pilote automatique à la question rituelle :

— Ça va ?
— Oui, ça va.

Et on continue.

Parce que le travail ne s’arrête jamais.
Même quand le corps dit stop.
Même quand le cœur crie trop fort.
Même quand l’âme demande juste une pause.

Alors on avance.
Un jour de plus.
Un souffle de plus.

Sana 7ilwa à toutes et à tous.
Que l’année qui arrive soit au moins un peu plus douce que celle qu’on laisse derrière.

Et si ce n’est pas le cas,
qu’on trouve au moins un endroit — une route, un stade, un silence —
où respirer sans se justifier.

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Azzouz Said

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