Azzouz Said écrit depuis un entre-deux. Entre ce qui se calcule et ce qui se tait, entre les jours qui s’enchaînent et les failles qu’on dissimule. Ses chroniques s’adressent à celles et ceux qui doutent sans renoncer, qui avancent sans certitude, et qui savent que la lucidité n’exclut ni la tendresse, ni la poésie.
En lisant la première chronique de Leila Zizi, une question s’est invitée dans ma tête :
“Mieux vivre”… mais pourquoi vivre en premier lieu ?
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Ne vous méprenez pas. Je n’ai jamais vraiment flirté avec le drame — juste avec l’évidence.
Depuis que je me souviens de ma tête (et elle oublie beaucoup de choses avant le café du matin),
j’ai toujours marché côte à côte avec la mort.
Pas comme un ennemi.
Comme une voisine vigilante qui garde un œil sur nous depuis son balcon.
Le jour où je meurs, je ne paierai plus d’impôts.
Rien que cette perspective donne envie de sourire.
Une petite réduction fiscale éternelle —
et soudain la mort devient presque une fonction publique.
Chez nous, au Maroc, la mort n’est jamais loin.
Elle est dans les prières de nos grand-mères,
dans les klaxons imprudents de nos taxis,
dans les “Allah yehfed” avant chaque départ,
et dans nos proverbes qui commencent par
“Demain, si Dieu veut…”
Alors oui, je vis avec cette idée tranquille:
le jour où je meurs, je ne paierai plus d’impôts.
Rien que cette perspective donne envie de sourire.
Une petite réduction fiscale éternelle —
et soudain la mort devient presque une fonction publique.
Mais entre-temps…
nous sommes là.
À essayer. À trébucher. À continuer.
Parce qu’il existe encore quelque chose à réparer,
à dire,
à aimer,
à comprendre,
à goûter,
à respirer.
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Parce que, malgré les impôts,
malgré l’absurdité de nos journées,
malgré le monde qui s’écroule parfois aussi silencieusement qu’un dossier Excel…
il y a toujours une main qui nous sert le thé,
une phrase qui nous ramène à nous-même,
une bouffée d’air qui nous surprend par sa douceur.
Alors peut-être que mieux vivre commence là:
dans l’acceptation que la mort nous accompagne,
que la fin est connue,
et que c’est justement pour ça
qu’on continue d’écrire le chemin.
Ni héroïsme.
Ni grande leçon.
Juste cette vérité simple:
Puisque je respire encore — autant que cela serve à quelque chose.
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