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Les bonbons acidulés calment-ils l’anxiété? Oui, mais…

Sucez un bonbon acidulé quand l’angoisse monte. L’idée peut sembler anodine, presque enfantine. Pourtant, depuis plusieurs années, cette astuce circule massivement sur TikTok et les réseaux sociaux comme moyen rapide de calmer une montée d’anxiété ou une attaque de panique. Mais que dit réellement la science sur cette pratique? Peut-elle aider, et surtout, à quelles conditions?

Le principe repose sur un mécanisme bien connu en psychologie: la distraction sensorielle. Manger un bonbon très acide sollicite intensément le goût, l’une des cinq grandes voies sensorielles du cerveau. Cette stimulation forte détourne temporairement l’attention des sensations d’angoisse, de peur ou de débordement émotionnel.


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Comme l’explique la psychiatre Toya Roberson-Moore, associée au Pathlight Mood & Anxiety Center, interrogée par Health.com, les crises de panique surviennent lorsque l’amygdale, la région du cerveau liée à la peur, déclenche une réaction de fuite ou de combat. Mobiliser intensément un sens — ici le goût — permet de ramener l’attention dans l’instant présent et de réduire l’emballement émotionnel.

Autrement dit, le cerveau « pensant » reprend momentanément le dessus sur le cerveau « émotionnel ». Pour certaines personnes, cela suffit à briser la boucle anxieuse et à faire redescendre la tension.

Une technique de recentrage, pas un traitement

Les professionnels sont toutefois clairs : le bonbon acidulé n’est pas un traitement de l’anxiété. Il s’agit tout au plus d’un outil ponctuel de régulation émotionnelle, comparable à d’autres techniques de grounding utilisées en thérapie.

Le psychologue John Delony souligne que l’efficacité de cette méthode dépend largement de l’intention avec laquelle elle est utilisée. Se concentrer volontairement sur la sensation — l’acidité, la salivation, la réaction du corps — peut renforcer l’effet apaisant. Mais utilisée de manière automatique ou répétée, elle risque de devenir une béquille mal adaptée.


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Les études citées par Health.com montrent d’ailleurs que les stratégies de distraction sont plus utiles lorsqu’elles sont associées à des approches d’acceptation, et beaucoup moins efficaces lorsqu’elles servent à éviter systématiquement l’anxiété.

Des risques à ne pas minimiser

Au-delà de la dimension psychologique, la consommation régulière de bonbons acidulés pose des questions nutritionnelles et physiologiques. Riches en sucres ajoutés, ils peuvent provoquer des variations brutales de la glycémie, entraînant fatigue, irritabilité, tremblements ou palpitations — des symptômes qui ressemblent parfois… à ceux de l’anxiété elle-même.

La psychiatre Toya Roberson-Moore alerte également sur un effet plus insidieux : une consommation excessive de sucre pourrait réduire le taux de BDNF, une protéine cérébrale impliquée dans la régulation de l’humeur et de l’anxiété. À long terme, cette baisse pourrait paradoxalement aggraver les troubles anxieux.

Que faire à la place (ou en complément) ?

Si l’astuce du bonbon acidulé peut dépanner ponctuellement, les experts s’accordent sur des approches bien plus solides pour gérer l’anxiété durablement. Parmi les stratégies les plus efficaces figurent :

  • la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui aide à identifier et corriger les pensées anxiogènes,
  • la méditation de pleine conscience,
  • l’activité physique régulière,
  • les techniques de respiration, de relaxation musculaire progressive ou d’imagerie guidée.

Les professionnels recommandent de consulter lorsque les crises d’angoisse deviennent fréquentes ou envahissantes, afin d’éviter que des solutions improvisées ne remplacent un accompagnement adapté.

Les bonbons acidulés peuvent parfois aider à interrompre une montée d’anxiété, en mobilisant intensément les sens et en recentrant l’attention sur le présent. Mais cette astuce reste un outil ponctuel, sans effet thérapeutique durable, et non dénué de risques lorsqu’elle est utilisée de manière répétée.

Pour une anxiété installée, l’enjeu n’est pas de distraire le cerveau, mais de lui apprendre à distinguer le danger réel du danger perçu — un travail qui passe, le plus souvent, par un accompagnement professionnel.

Les bonbons acidulés calment-ils l’anxiété?

Les bonbons acidulés peuvent-ils vraiment calmer une crise d’angoisse?

Oui, temporairement. Leur goût très acide stimule fortement les sens et détourne l’attention des sensations de panique. Cette technique de distraction sensorielle peut aider à interrompre une montée d’anxiété, mais elle ne traite pas la cause du trouble.

Pourquoi le goût acide aide-t-il à réduire l’anxiété?

L’acidité intense mobilise le système sensoriel et oblige le cerveau à se concentrer sur une sensation immédiate. Cela peut ralentir l’emballement de l’amygdale, la région impliquée dans la peur, et favoriser un retour à l’instant présent.

Est-ce une méthode validée scientifiquement?

La distraction sensorielle est reconnue en psychologie comme technique de “grounding”. En revanche, les bonbons acidulés ne constituent pas un traitement validé contre l’anxiété. Leur efficacité dépend du contexte et de la manière dont ils sont utilisés.

Peut-on utiliser des bonbons acidulés tous les jours contre l’anxiété?

Non recommandé. Une utilisation fréquente peut créer une dépendance comportementale et poser des problèmes de santé liés au sucre : variations de glycémie, fatigue, irritabilité ou palpitations.

Les bonbons acidulés peuvent-ils aggraver l’anxiété?

Indirectement, oui. Une consommation excessive de sucre peut provoquer des fluctuations énergétiques et des symptômes physiques proches de l’anxiété. À long terme, une alimentation riche en sucres ajoutés pourrait influencer négativement la régulation de l’humeur.

Quelles sont les alternatives plus efficaces pour gérer l’anxiété?

Les approches les plus solides incluent la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la méditation de pleine conscience, les exercices de respiration, l’activité physique régulière et, si nécessaire, un accompagnement médical.

Quand faut-il consulter pour des crises d’angoisse?

Il est conseillé de consulter un professionnel de santé lorsque les crises deviennent fréquentes, envahissantes ou impactent la vie quotidienne. Une prise en charge adaptée permet d’éviter que des solutions ponctuelles ne remplacent un traitement approprié.

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Sarah Jaoui

About Author

Sarah Jaoui est journaliste spécialisée dans les sujets Famille, Sport et Société pour MieuxVivre.ma. Elle analyse les tendances du quotidien, les enjeux éducatifs et les dynamiques sociales afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre et améliorer leur vie personnelle et familiale.

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