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Le cannabis pourrait créer de faux souvenirs, selon une étude

Une étude récente révèle que la consommation de cannabis ne perturbe pas seulement la mémoire, mais pourrait aussi conduire à la création de faux souvenirs. Un phénomène qui interroge sur ses effets au quotidien.

Une consommation même modérée de cannabis pourrait avoir des effets bien plus larges que ce que l’on pensait sur la mémoire. Selon une étude publiée en février dans le Journal of Psychopharmacology, les personnes ayant consommé du THC présentent non seulement des difficultés à se souvenir d’informations, mais aussi une tendance accrue à se remémorer des éléments… qui n’ont jamais existé.

Menée par une équipe de chercheurs de la Washington State University, cette étude figure parmi les analyses les plus complètes à ce jour sur l’impact du cannabis sur les différentes formes de mémoire.

Une mémoire perturbée dans de multiples dimensions

Contrairement aux travaux antérieurs, souvent limités à la mémorisation de listes de mots, cette étude a évalué un large éventail de fonctions cognitives. Mémoire verbale, mémoire visuelle, mémoire prospective – celle qui permet de se souvenir de faire quelque chose plus tard – ou encore mémoire de la source : autant de dimensions essentielles dans la vie quotidienne.


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Les résultats sont sans appel. Dans 15 tests sur 21, les participants ayant consommé du THC ont obtenu des performances significativement inférieures à celles du groupe placebo. Comme l’explique Carrie Cuttler, professeure associée de psychologie et principale autrice de l’étude, dans des propos rapportés par les chercheurs, « l’intoxication aiguë au cannabis semble perturber de manière globale la plupart des systèmes de mémoire ».

Autrement dit, les effets ne se limitent pas à un simple oubli ponctuel. Ils concernent des fonctions centrales : suivre une conversation, se souvenir d’un rendez-vous ou encore identifier l’origine d’une information.

Faux souvenirs : un effet particulièrement marqué

L’un des résultats les plus frappants concerne la mémoire dite « fausse ». Lors d’un test, les participants écoutaient une série de mots liés entre eux par un thème, sans que le mot central ne soit prononcé. Par la suite, ceux ayant consommé du THC étaient nettement plus enclins à affirmer avoir entendu ce mot absent.

Un phénomène qui peut sembler anecdotique, mais qui révèle une altération plus profonde du fonctionnement de la mémoire. « Il était très courant que les participants évoquent des mots qui n’avaient jamais été présentés », souligne Carrie Cuttler.

Cette tendance à reconstruire des souvenirs inexacts s’accompagne également d’une confusion sur la source des informations. Les participants sous THC avaient davantage de mal à déterminer si un souvenir provenait d’une conversation, d’une lecture ou d’un contenu en ligne.

Des effets concrets dans la vie quotidienne

Au-delà du laboratoire, ces altérations peuvent avoir des conséquences très concrètes. L’étude met notamment en évidence une dégradation de la mémoire prospective, essentielle pour gérer les tâches du quotidien.

Se souvenir d’envoyer un message, de prendre un rendez-vous ou de réaliser une action à un moment précis : autant de capacités affectées par le THC. « Si vous devez vous rappeler de faire quelque chose plus tard, il vaut probablement mieux ne pas être sous l’effet du cannabis au moment où vous devez vous en souvenir », résume la chercheuse.


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Fait notable, aucune différence significative n’a été observée entre les doses de 20 mg et 40 mg de THC. Une indication importante : même des quantités considérées comme modérées pourraient suffire à perturber la mémoire de manière significative.

Une compréhension encore incomplète

Tous les aspects de la mémoire ne sont toutefois pas affectés de la même manière. La mémoire épisodique – celle liée aux souvenirs personnels – n’a pas montré de dégradation significative dans cette étude. Un résultat qui invite à la prudence et souligne la nécessité de poursuivre les recherches.

Les scientifiques rappellent également que cette étude a été menée sur des consommateurs réguliers de cannabis, ce qui pourrait influencer certains résultats. Reste que les conclusions convergent vers une idée claire : les effets du THC sur la mémoire sont multiples, étendus et parfois sous-estimés.

Un enjeu de santé publique

À mesure que la perception du cannabis évolue dans de nombreux pays, ces résultats apportent un éclairage important. Ils rappellent que ses effets ne se limitent pas à une simple altération temporaire de l’attention, mais touchent des mécanismes cognitifs essentiels au fonctionnement quotidien.

Dans un monde où l’on est constamment sollicité – entre informations numériques, interactions sociales et obligations professionnelles – la capacité à distinguer le vrai du faux, à se souvenir précisément et à organiser ses actions devient cruciale.

Et c’est précisément là que le THC semble, selon cette étude, fragiliser l’équilibre.

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Sarah Jaoui

About Author

Sarah Jaoui est journaliste spécialisée dans les sujets Famille, Sport et Société pour MieuxVivre.ma. Elle analyse les tendances du quotidien, les enjeux éducatifs et les dynamiques sociales afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre et améliorer leur vie personnelle et familiale.

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