Santé

La reprise de poids est quatre fois plus rapide après l’arrêt d’un traitement de type Ozempic

À l’arrêt des médicaments anti-obésité de nouvelle génération, la reprise de poids serait nettement plus rapide qu’après un régime classique. C’est ce que met en lumière une vaste étude britannique, qui éclaire les limites de ces traitements très populaires, tout en rappelant qu’ils ne constituent pas une solution miracle à long terme.

Ces médicaments, initialement développés pour le diabète de type 2, se sont imposés ces dernières années comme des outils puissants contre l’obésité. Les traitements agissant sur l’hormone GLP-1, qui joue un rôle clé dans la sécrétion d’insuline et la sensation de satiété, permettent des pertes de poids spectaculaires — parfois jusqu’à 20 % du poids corporel. Mais que se passe-t-il lorsque ces traitements sont interrompus ?

Une reprise de poids rapide et marquée

Selon une méta-analyse britannique publiée dans la revue médicale BMJ, les patients qui arrêtent ces médicaments reprennent en moyenne 0,4 kilo par mois. À ce rythme, la majorité retrouve son poids initial en moins de deux ans.

Les chercheurs ont passé en revue 37 études consacrées à l’arrêt de différents traitements amaigrissants. Parmi elles, plusieurs essais cliniques portaient sur le sémaglutide, principe actif de l’Ozempic et de son équivalent anti-obésité Wegovy, ainsi que sur le tirzepatide, utilisé dans le Mounjaro.


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Dans ces essais, les participants avaient perdu près de 15 kilos en moyenne sous traitement. Mais après l’arrêt, ils ont repris environ 10 kilos en un an, la durée de suivi la plus longue disponible pour ces molécules récentes. Les bénéfices cardiovasculaires observés pendant le traitement — baisse de la tension artérielle ou du cholestérol — ont également disparu en un peu plus d’un an.

Quatre fois plus vite qu’avec un régime classique

La comparaison est frappante. Les personnes ayant suivi un programme combinant régime alimentaire et activité physique, sans médicaments, perdaient moins de poids au départ. Mais la reprise des kilos s’étalait en moyenne sur quatre ans, soit quatre fois plus lentement que chez les patients traités par médicaments.

Pour les auteurs, ce phénomène s’explique en partie par l’ampleur de la perte initiale : plus elle est importante, plus le corps tend à reprendre rapidement du poids. Mais l’analyse montre que, même à perte équivalente, la reprise est systématiquement plus rapide après l’arrêt des médicaments.


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Une hypothèse avancée est que les personnes ayant modifié durablement leurs habitudes alimentaires et leur niveau d’activité physique continuent à en tirer des bénéfices, même lorsqu’elles reprennent du poids. À l’inverse, les médicaments agissent principalement sur les signaux biologiques de l’appétit, sans nécessairement transformer les comportements à long terme.

Des traitements efficaces, mais pas un remède

Ces résultats ne remettent pas en cause l’efficacité des médicaments de type Ozempic, mais invitent à une lecture plus réaliste de leur rôle. Pour Susan Jebb, spécialiste de nutrition publique à l’université d’Oxford et coautrice de l’étude, l’obésité doit être considérée comme une maladie chronique récidivante.

Dans cette perspective, ces traitements pourraient devoir être pris sur le long terme, voire à vie, à l’image des médicaments contre l’hypertension. Une hypothèse qui pose des questions majeures pour les systèmes de santé, notamment en raison de leur coût élevé et de leurs effets secondaires, comme les nausées, qui conduisent de nombreux patients à interrompre le traitement.


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Pour les chercheurs, le message est clair : les médicaments constituent un point de départ, pas une solution définitive. Un traitement durable de l’obésité passera probablement par des approches combinées, associant médicaments, accompagnement nutritionnel, activité physique et stratégies visant à modifier en profondeur la régulation de l’appétit par le cerveau.

Ozempic et effet rebond: les clés pour comprendre

  • Qu’est-ce qu’un médicament de type Ozempic ?
    Il s’agit de traitements qui imitent l’action d’une hormone naturelle appelée GLP-1, impliquée dans la régulation de l’appétit et de la glycémie. Initialement développés pour le diabète de type 2, ils sont aujourd’hui aussi utilisés contre l’obésité.
  • Pourquoi ces médicaments font-ils perdre du poids ?
    Ils augmentent la sensation de satiété, ralentissent la vidange de l’estomac et réduisent l’appétit. Résultat : les patients mangent moins sans effort conscient important.
  • Pourquoi le poids revient-il après l’arrêt ?
    Lorsque le traitement est interrompu, l’effet biologique disparaît. L’appétit revient progressivement à son niveau initial, tandis que les adaptations durables du mode de vie (alimentation, activité physique) ne sont pas toujours acquises.
  • La reprise de poids est-elle systématique ?
    La majorité des études montre une reprise partielle ou totale du poids perdu, mais son ampleur varie selon les individus, la durée du traitement et l’accompagnement nutritionnel et comportemental.
  • Est-ce plus rapide qu’après un régime classique ?
    Oui. Selon l’étude publiée dans The BMJ, la reprise de poids après l’arrêt de médicaments de type Ozempic est environ quatre fois plus rapide que chez les personnes ayant suivi uniquement un régime et un programme d’activité physique.
  • Faut-il prendre ces médicaments à vie ?
    Les chercheurs rappellent que l’obésité est une maladie chronique. Dans certains cas, un traitement prolongé peut être envisagé, mais toujours sous suivi médical et en complément d’un accompagnement global.
  • Ces médicaments sont-ils dangereux ?
    Ils sont jugés efficaces et globalement sûrs lorsqu’ils sont prescrits médicalement, mais peuvent provoquer des effets secondaires (nausées, troubles digestifs) et ne conviennent pas à tout le monde.
  • Quelle est la meilleure stratégie à long terme ?
    Les experts s’accordent sur un point : les médicaments peuvent être un outil, mais pas une solution unique. La prise en charge la plus durable associe traitement médical, rééquilibrage alimentaire, activité physique et soutien comportemental.

Cet article s’appuie sur une étude publiée dans une revue internationale évaluée par des pairs.

Source scientifique

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Benoît Bonifacy

About Author

Benoît Bonifacy est journaliste spécialisé en santé et psychologie pour MieuxVivre.ma. D’origine corse et amoureux du Maroc, il analyse les études scientifiques et décrypte les enjeux émotionnels modernes pour aider les lecteurs à mieux comprendre leur santé mentale.

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