Santé

Le snus peut-il aider à arrêter de fumer? Ce que dit vraiment la science

Depuis quelques mois, le snus s’impose dans les discussions… et dans la rue. Au Maroc, ces petits sachets de nicotine, glissés sous la lèvre, se vendent de plus en plus facilement, parfois comme une alternative « plus propre » à la cigarette. Mais derrière l’effet de mode, que sait-on réellement de leur impact sur la santé et sur l’arrêt du tabac ? Un article récent publié dans JAMA apporte des éléments précieux pour dépasser les idées reçues.

Qu’est-ce que le snus (ou nicotine pouch) ?

Le snus appartient à la famille des sachets de nicotine. Contrairement au tabac à chiquer ou aux cigarettes, il ne se brûle pas et ne se fume pas. Placé entre la gencive et la lèvre, il libère progressivement de la nicotine dans le sang, sans combustion ni inhalation. Résultat : pas de fumée, pas de goudrons, et beaucoup moins de substances cancérigènes que dans la cigarette classique.


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Pourquoi les autorités sanitaires s’y intéressent

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a récemment autorisé plusieurs produits de ce type, estimant qu’ils pouvaient représenter, pour certains fumeurs adultes, une option de réduction des risques. L’objectif n’est pas de promouvoir la nicotine, mais de proposer une alternative moins nocive à des personnes qui n’arrivent pas à arrêter de fumer malgré les méthodes classiques.

Est-ce que le snus aide vraiment à arrêter de fumer ?

C’est là que le débat commence. Selon JAMA, les données scientifiques restent encore limitées. Il n’existe pas, à ce stade, de grands essais cliniques prouvant que le snus est plus efficace que les patchs, gommes ou médicaments de sevrage. En revanche, les enquêtes montrent que ces produits sont surtout utilisés par des fumeurs actuels ou anciens, ce qui suggère qu’ils servent souvent de produit de transition.

Mais attention à un piège fréquent : le double usage. Continuer à fumer tout en utilisant du snus réduit fortement l’intérêt sanitaire. La réduction du risque n’existe que si la cigarette est réellement abandonnée.


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“Moins nocif” ne veut pas dire “inoffensif”

Le snus évite les toxiques de la fumée, mais il reste de la nicotine. Cela signifie un risque de dépendance, des effets possibles sur la bouche et les gencives, et un impact cardiovasculaire qui n’est pas nul. Des experts rappellent que parler de « nicotine sans danger » est trompeur : il s’agit d’un moindre mal, pas d’un produit sain.

Une tendance qui inquiète chez les jeunes

C’est le point de vigilance majeur. L’expérience de la cigarette électronique a laissé des traces. Même si l’usage du snus chez les adolescents reste, dans certains pays, plus faible que celui du vapotage, les autorités redoutent une banalisation rapide, portée par le marketing, la discrétion d’usage et les arômes attractifs. Le risque : créer une nouvelle dépendance, là où il n’y avait ni tabac ni cigarette auparavant.


Sources

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Benoît Bonifacy

About Author

Benoît Bonifacy est journaliste spécialisé en santé et psychologie pour MieuxVivre.ma. D’origine corse et amoureux du Maroc, il analyse les études scientifiques et décrypte les enjeux émotionnels modernes pour aider les lecteurs à mieux comprendre leur santé mentale.

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