Une vaste étude britannique révèle qu’une simple baisse du nombre de pas quotidiens pourrait annoncer la maladie de Parkinson plusieurs années avant les premiers symptômes visibles. Un signal précoce qui pourrait transformer le dépistage de ce trouble neurodégénératif.
Une nouvelle étude de l’Université d’Oxford pourrait transformer la manière dont on détecte la maladie de Parkinson. Selon une analyse publiée dans npj Parkinson’s Disease et relayée par MedicalXpress, le nombre de pas effectués chaque jour – mesuré par un simple smartphone ou un bracelet connecté – pourrait constituer l’un des premiers signaux annonciateurs de la maladie, bien avant l’apparition des tremblements ou des troubles moteurs classiques.
Deux fois plus de malades en 20 ans
Les chercheurs du Big Data Institute et du Nuffield Department of Population Health de l’Université d’Oxford expliquent que les personnes qui développeront plus tard la maladie ont tendance à marcher moins longtemps et moins souvent que les autres. Cette baisse d’activité peut survenir jusqu’à dix ans avant le diagnostic, une période durant laquelle la maladie progresse silencieusement. Comme le rappelle MedicalXpress, Parkinson reste aujourd’hui le deuxième trouble neurodégénératif le plus fréquent au monde, avec plus de 9,4 millions de cas en 2020 – un chiffre presque doublé en vingt ans.
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L’étude repose sur les données impressionnantes de la UK Biobank, qui suit plus de 500 000 volontaires britanniques depuis 2006. Parmi eux, près de 95 000 ont accepté de porter un accéléromètre au poignet durant une semaine entre 2013 et 2015. Grâce à ces enregistrements, les chercheurs ont pu comparer l’activité quotidienne de personnes en parfaite santé avec celle de participants diagnostiqués plusieurs années plus tard. MedicalXpress rapporte que la moyenne observée était d’environ 9 446 pas par jour, mais que les futurs patients présentaient systématiquement des valeurs plus faibles – même longtemps avant leur diagnostic.
Marqueur précoce
Les résultats sont frappants. Les participants qui marchaient plus de 12 369 pas par jour présentaient un risque de Parkinson réduit de 59 % par rapport à ceux effectuant moins de 6 276 pas. En affinant les analyses, les auteurs montrent qu’à chaque tranche supplémentaire de 1 000 pas quotidiens, le risque de développer la maladie diminuait encore de 8 %. Toutefois, les chercheurs insistent sur un point essentiel : cette corrélation n’indique pas que marcher davantage protège du Parkinson. Selon eux, il s’agirait plutôt d’un marqueur précoce du développement de la maladie, et non d’un facteur de prévention. Comme le souligne l’équipe d’Oxford, « les niveaux d’activité semblent refléter l’avancée silencieuse du processus pathologique, plutôt qu’une cause directe de la maladie ».
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Un autre résultat marquant confirmé par MedicalXpress concerne la temporalité. Les différences de pas sont les plus visibles lorsqu’on observe les deux premières années suivant l’enregistrement de l’activité. Mais plus on s’éloigne de la date des mesures – au-delà de six ans –, moins l’association est nette. Cela suggère que la réduction de l’activité physique est un signal très précoce, mais qui se fait plus difficile à détecter à mesure que le temps passe.
Indicateur subtil d’atteinte neurologique
Cette découverte ouvre la voie à un changement majeur : grâce aux objets connectés, de plus en plus présents dans la vie quotidienne, il deviendrait possible d’identifier plus tôt les personnes à surveiller. L’étude montre que l’inactivité n’est pas un facteur causal, mais un indicateur subtil d’atteinte neurologique. Une nuance cruciale, car elle invite les cliniciens à repenser les outils de dépistage, tout en rappelant que le diagnostic de Parkinson repose toujours sur un examen neurologique complet.
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Pour les chercheurs d’Oxford, ces résultats ne sont qu’un début. Si d’autres études confirment ces observations, les accéléromètres pourraient devenir un outil de dépistage indirect, simple, accessible et non invasif. Dans ce domaine où chaque année compte, détecter la maladie avant l’apparition des symptômes visibles pourrait profondément modifier la prise en charge et, peut-être, retarder l’évolution du Parkinson.
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