Mettre un enfant au régime peut sembler une solution face au surpoids, mais les spécialistes alertent sur les risques physiques et psychologiques d’un enfant au régime trop tôt.
Face à un enfant en surpoids, de nombreux parents pensent instinctivement qu’il faut réduire drastiquement les portions ou supprimer certains aliments. Pourtant, selon la nutritionniste et spécialiste de l’obésité Maria Benjelloun, cette approche est non seulement inefficace, mais peut aussi avoir des conséquences durables sur la santé et le rapport à l’alimentation.
Pour l’experte, le principe est clair: un enfant ne doit jamais être placé sous un régime strict.
Un régime peut aggraver le problème
«On ne met jamais, jamais un enfant au régime strict», insiste Maria Benjelloun. Lorsqu’un enfant présente un surpoids ou une obésité, la première étape consiste plutôt à chercher la cause: habitudes alimentaires, manque d’activité physique, facteurs psychologiques ou environnement familial.
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Selon elle, un régime imposé trop tôt peut perturber durablement la relation à la nourriture. « Mettre au régime un enfant très jeune fait souvent de lui un adulte obèse », prévient-elle.
Cette observation est également confirmée par plusieurs recherches internationales. Des études publiées dans la revue Pediatrics ont montré que les enfants soumis à des régimes restrictifs développent plus fréquemment des troubles alimentaires ou des épisodes de surconsommation plus tard dans la vie.
L’alimentation est une affaire de famille
Pour Maria Benjelloun, la gestion du poids d’un enfant ne doit jamais reposer uniquement sur lui. C’est toute la famille qui doit changer ses habitudes.
« Pour aider un enfant en surpoids, c’est toute la famille qui doit s’y mettre », explique-t-elle. Cela implique notamment d’adopter collectivement des habitudes plus saines : cuisiner davantage à la maison, limiter les aliments ultra-transformés et encourager l’activité physique.
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne d’ailleurs que l’environnement familial joue un rôle central dans la prévention de l’obésité infantile. Les comportements alimentaires des parents influencent directement ceux des enfants, dès le plus jeune âge.
L’aliment ne doit jamais devenir une récompense
Autre erreur fréquente : utiliser la nourriture comme récompense.
« Si un enfant travaille bien à l’école, on ne doit pas le féliciter avec une sucette ou un bonbon », souligne Maria Benjelloun. « On peut lui offrir un livre ou un petit cadeau, mais la nourriture ne doit pas être une récompense. »
Cette pratique peut en effet créer une association émotionnelle forte entre plaisir, consolation et aliments sucrés ou gras, favorisant plus tard une alimentation compulsive.
Apprendre à faire des choix, même au fast-food
Dans la vie quotidienne, les enfants seront inévitablement exposés aux fast-foods et aux produits très caloriques. L’objectif n’est donc pas de tout interdire, mais d’apprendre à faire des choix plus équilibrés.
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« Tous les enfants aiment aller au fast-food. Il faut les guider », explique la nutritionniste. « Par exemple, s’il prend des frites, il ne prend pas de boisson gazeuse. Et s’il prend un soda, il ne prend pas de dessert. »
Cette approche éducative permet à l’enfant de développer progressivement une capacité de régulation, plutôt que de vivre l’alimentation comme une série d’interdictions.
Le rôle clé de l’activité physique
L’activité physique constitue également un élément essentiel. Maria Benjelloun recommande d’encourager les enfants à pratiquer un sport régulier, idéalement collectif.
« Il faut marcher, les encourager à faire un sport, que ce soit une fille ou un garçon », explique-t-elle. « Le sport de groupe est particulièrement bénéfique. »
L’OMS recommande au moins 60 minutes d’activité physique par jour pour les enfants et les adolescents, afin de favoriser un développement sain et de prévenir l’obésité.
Manger sain ne veut pas dire manger triste
Enfin, la nutritionniste insiste sur un point souvent négligé : une alimentation équilibrée ne doit pas être synonyme de privation ou d’ennui.
« Manger sain et équilibré ne veut pas dire manger fade et insipide », rappelle Maria Benjelloun.
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L’objectif n’est donc pas d’imposer des restrictions sévères, mais de construire progressivement un rapport serein à la nourriture, basé sur le plaisir, la diversité et l’équilibre.
Car pour les spécialistes, la clé d’une bonne santé chez l’enfant ne réside pas dans les régimes, mais dans un environnement familial qui favorise des habitudes de vie durables.
Ce qu’il faut retenir
Pourquoi ne faut-il jamais mettre un enfant au régime?
Les régimes stricts peuvent perturber la relation d’un enfant avec la nourriture et augmenter le risque de troubles alimentaires. Les spécialistes recommandent plutôt d’adopter des habitudes familiales plus équilibrées et de favoriser l’activité physique.
Que faire si un enfant est en surpoids?
La première étape consiste à consulter un professionnel de santé afin d’identifier les causes du surpoids. Les changements doivent ensuite concerner toute la famille: alimentation plus équilibrée, réduction des produits ultra-transformés et activité physique régulière.
Les régimes peuvent-ils provoquer des troubles alimentaires chez l’enfant?
Oui. Plusieurs études montrent que les enfants soumis à des restrictions alimentaires strictes peuvent développer plus tard des comportements alimentaires problématiques, comme la surconsommation ou les compulsions alimentaires.
Faut-il interdire totalement les fast-foods aux enfants?
Les spécialistes recommandent plutôt d’apprendre aux enfants à faire des choix équilibrés. Par exemple, limiter les boissons sucrées ou les desserts lorsque des aliments très caloriques sont consommés.
Quelle activité physique est recommandée pour les enfants?
L’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 60 minutes d’activité physique par jour pour les enfants et les adolescents afin de favoriser leur santé et de prévenir l’obésité.

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